Merci France Télécom…
La direction de France Télécom annonce ce matin le départ de Louis-Pierre Wénes, numéro deux du groupe, qui sera remplacé par Stéphane Richard prétendant au poste de PDG dans deux ans.
C’est le deuxième message donné par Didier Lombard avec le gel du plan « Time to Move » qui contraignait les cadres à changer de poste tous les trois ans, pour stopper l’hécatombe de « la mode suicide ». Ce n’est pas tant qu’elle affecte les dirigeants. Dans ce monde cynique, il fallait y mettre un terme parce qu’elle nuit à l’image de l’entreprise.
C’est un fusible nécessaire que la direction de France Télécom fait sauter, même si j’estime que Didier Lombard en capitaine d’industrie capitaliste doit savoir prendre ses responsabilités tout comme il le fait comprendre à ses salariés qu’il licencie.
A l’heure où deux millions de personnes se sont prononcés pour un référendum sur l’avenir de la Poste, l’État a pour projet de la « moderniser » en société anonyme afin de favoriser l’ouverture à la concurrence. Bien entendu l’État restera majoritaire.
En réalité, il s’agit du même scénario opéré quelques années plutôt à France Télécom. Avec EDF et GDF, France Télécom est l’un des meilleurs exemples d’une privatisation violente d’une entreprise publique.
Depuis que France Télécom est devenu une Société Anonyme en 1996, c’est une politique capitaliste pure et dure qui a remplacée l’ancienne gestion publique. L’État actionnaire est depuis passé sous la barre des symboliques 50%.
Il aura fallu un peu plus de 10 ans pour mettre en route une machine infernale au management inhumain et en arriver au drame actuel. 81 suicides depuis 2000.
La fin des fonctionnaires, les nouvelles embauches de salariés jeunes sous contrat privé pour bousculer les anciennes méthodes, la mise en place d’un climat de stress par les suppressions de postes ou de services dans des délais très courts et le système de mutation en longue distance ont amené à ce que France Télécom devienne une entreprise « compétitive» qui ne s’adresse plus à l’humain. La politique de gestion interne est à peine imaginable. On n’hésite pas à plonger les employés dans l’urgence permanente et à les surcharger de travail. Seuls, 5000 emplois sont venus renforcer la suppression des 22000 postes détruits. Exit les salariés patronymiques et bonjour les unités de production, de rentabilité que l’on différencie uniquement par un « code alliance », matricule anonyme du monde capitaliste.
Tandis que les PDG successifs supprimaient 22000 emplois, les dividendes versés aux actionnaires se sont élevés à 4 milliards d’euros.
Merci France Télécom.






