Die Nuclear
Le débat idéologique de ces derniers mois vient d’apporter sa première réponse au problème posé.
L’Allemagne annonce la fermeture de ses centrales nucléaires.
La décision de la Chancelière allemande Angela Merkel (CDU) de sortir du nucléaire est un virage politique à 180° pour des raisons électoralistes masquées derrière une hypocrisie écologique.
Cet opportunisme électoral survient après la dramatique catastrophe de Fukushima dans un contexte politique allemand où les verts font une poussée dans les sondages. Leur récente victoire dans le gouvernement du lander Bade Wurtemberg a fragilisé la coalition du pouvoir fédéral d’Angela Merkel. Un message fort était donc nécessaire pour la chancelière. Les sondeurs prédisant qu’une coalition SPD-Vert serait susceptible de former le prochain gouvernement fédéral. Angela Merkel a donc sorti l’artillerie lourde afin d’appâter les verts.
Si il y à bien une volonté écologique partagé par une majorité d’allemand, quelque soit le parti pour lequel il vote, les verts n’ont pas l’exclusivité du « non » au nucléaire. Mais, il ne faut surtout pas oublier les alliances politiques à l’approche des législatives allemandes.
Ce retournement de position est une hypocrisie écologique. En effet, l’Allemagne depuis des décennies remplace ses centrales atomiques par des centrales à charbon ou au gaz qui sont beaucoup plus polluantes pour l’air que nous respirons. De plus, la fin du nucléaire allemand n’est pas la sortie du tout nucléaire en Allemagne tel qu’il nous est présenté. Les fermetures des centrales vont représenter un manque de près de 20% de la demande énergétique allemande. Demande qui ne trouvera pas de réponse dans l’offre nationale qu’elle soit éolienne ou thermique. L’Allemagne pour répondre à cette demande de consommateur, aussi friand que nous en nouvelles technologies consommatrices d’électricité, devra se tourner vers ses partenaires européens dont la France. Notre pays qui est le 1er exportateur européen d’électricité. Une fée électrique disponible grâce à nos centrales nucléaires.
Il est donc entendu qu’une sortie du nucléaire est difficilement faisable dans les 20 ans à venir. Mais le débat doit être clairement posé afin de commencer à établir un diagnostique neutre, fiable et honnête qui permettra d’envisager les solutions qui devront être prises. Les pouvoirs publics devront prendre en compte le phénomène croissant de l’hostilité au nucléaire en France pour favoriser le développement d’énergie alternative écologique.
Le temps de la réflexion et l’idée d’un référendum n’est pas une idée démagogique dans l’absolu. Mais ce référendum ne peut être souhaité qu’à certaines conditions. Ce dernier ne doit pas être une émanation d’un arrangement politique et il doit être accompagné d’études indépendantes, sérieuses et reconnues. C’est donc sur un choix de société qu’il faut réfléchir. Car la sortie du nucléaire devra être compensée par un modèle énergétique aussi efficace ou bien sur une baisse significative de notre consommation électrique. Un arrêt brutal et automatique de nos centrales serait lourd de conséquences sur notre mode de vie.






