Une augmentation de 30% du droit à construire, un coup d’épée dans l’eau
La « sarkodiffusion » de dimanche soir nous a révélé un Président à bout de souffle jouant sur la méconnaissance de son peuple sur des textes en matière d’urbanisme afin de faire avaler un projet de réforme.
Cette annonce volontaire et électoraliste me permet d’autant plus facilement de rappeler quelques points que tout maire pourra justifier d’autant plus s’il fut l’un des magistrat de Neuilly-sur-Seine.
Un chiffre a été prodigué durant ces 60 minutes de monologue. Une augmentation de 30% du droit à construire. C’est-à-dire un coefficient d’occupation des sols (COS) gratifié de 30%. Ces 30% thaumaturgiques sont donc censés résoudre 5 ans d’échec. Malencontreusement, il ne s’agit, une fois de plus, que de cette manie présidentielle de l’effet d’annonce, le coup d’épée dans l’eau.
Cette mesure annoncée en grande pompe comme salvatrice de la crise et de la débandade de la croissance ne s’adresse pas, encore une fois, à l’ensemble des français. En l’occurrence, elle est destinée aux classes les plus aisées. Car dans la conjoncture actuelle où les banques sont de plus en plus frileuses dans l’accord des prêts et où les assurances sont plus que timorées, interrogeons-nous sur la catégorie de français qui est en capacité d’accroître son projet immobilier de 30% de son coût initial ?
Le Président et sa majorité sont complètement perdus, incapables de défendre un bilan principalement médiocre, allant jusqu’à omettre les textes qu’ils ont votés depuis 10 ans. Ainsi, fatiguée par 10 ans de pouvoir, ils oublient qu’en 2005 la droite avait voté la loi de programme sur les orientations de la politique énergétique et que depuis 2007, date de la signature de l’arrêté, il est possible de dépasser le COS de 20% pour les constructions ou rénovations performantes au plan énergétique. Ils occultent aussi que cette augmentation peut aller jusqu’à 30% depuis la loi Grenelle2 promulguée le 12 juillet 2010.
Toutes ces dispositions sont bien connues des maires qui les ont déjà utilisées à maintes reprises. Dispositions auxquelles s’ajoutent le droit de dépasser de 20% le COS sur de la construction de logements à vocation sociale. Mesure que l’ancien maire de Neuilly-sur-seine ne pouvait pas ignorer.






