10
mai
2010
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Ce matin, Rigueur.

C’est donc Jean-François Copé qui fut le premier ce matin sur Europe1 à oser utiliser le terme si évocateur de rigueur. Trois ans de règne se sont écoulés, déjà au début on avait pu sentir la frilosité du Premier ministre qui avait déclaré d’une voix grave et solennelle « les caisses de l’État sont vides ». Difficile à croire mais il semblerait que ces caisses soient encore plus vide ce matin. Enfin le tabou est levé, les français vont continuer à se serrer la ceinture. Bonjour austérité.

Le gouvernement nous a expliqué tout le week end que « legeldesdépenses » n’était pas dû à la gestion catastrophique de l’État. Non, il fallait voir plus loin, regarder par delà les frontières et la mer Egée pour trouver des responsables. Les dominos grecques qui s’entrechoquent dans leur chute se rapprochent de notre pays. La gestion libérale sarkoziste de notre pays, n’ayez crainte, ni est pour rien. Mais en réalité admettre que l’on s’est trompé est impossible quand l’on est français.

Pour bien comprendre ce que l’on entend par « legeldesdépenses » ou la rigueur il faut écouter le député Copé qui nous explique que lorsque que l’on veut mener une politique de rigueur, le gouvernement doit s’attacher à, dans un premier temps, faire baisser les dépenses qui ne sont pas rigoureuses, qui ne sont pas indispensables ce que l’on peut appeler les dépenses publiques inutiles. Et, dans un deuxième temps, un ajustement fiscal à la marge peut être concédé. Ce que je peux traduire par : on ne change rien à notre politique économique. Le gouvernement va continuer à baisser les dépenses publiques inutiles que sont l’éducation, la santé et la sécurité. Les efforts fiscaux quant à eux seront laissés à la charge des contribuables modestes.

Cette politique que je condamne fermement est gravement injuste car elle accroît plus les inégalités qu’elle diminue les dépenses. En gelant les dépenses sur l’éducation, la santé et la sécurité, l’État détériore un peu plus la vie des plus faibles, l’État oublie une fois de plus que la France ne se cantonne pas à Neully sur seine, à Saint-Tropez ou aux exilés fiscaux.

L’aveuglement du Président de la République, à ne pas reconnaître ses erreurs, amène l’austérité à l’intérieur des foyers français. Ainsi, on présente la facture aux catégories modestes et on invite les plus riches d’entre nous alors que nous devrions être solidaires dans l’effort fiscal national de gestion de crise. Si les caisses sont vides ce n’est pas uniquement dû à ces gros ministères lourds en dépense de fonctionnement. Il serait temps de revenir sur les avantages fiscaux accordés depuis plusieurs années. Avant de geler les dépenses ministérielles, il serait bon de geler les dépenses fiscales et de réajuster cet effort.

Revenons sur les avantages fiscaux accordés depuis trois ans, soit 30 milliards d’euros de baisse d’impôt et gelons les niches fiscales dont leur coût dépassent les 70 milliards d’euros.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , ,

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