Une odeur de «lutte des classes »
Une 6ème journée de manifestation nationale, plus de deux mois de débat entre l’Assemblée Nationale et le Sénat et bientôt une semaine que le mouvement se radicalise.
La mobilisation ne faiblit pas, elle ne diminue pas, sans pour autant augmenter. Mais la mobilisation se durcit. Le mouvement social qui secoue la France est le symptôme de ce ras-le-bol contre l’hyper Président et son gouvernement. Sous les slogans des manifestants opposés à cette réforme des retraites, on retrouve à chaque fois ce triste terme qui est «injustice.
L’injustice fait que seule la population la plus aisée est écoutée, laissant 95% des français dans le silence.
L’injustice augmente la surcharge de travail qui est engendrée par la suppression des postes chez les fonctionnaires, alors que le gouvernement donne des moyens au privé pour recruter.
L’injustice est le symbole de notre jeunesse face à un avenir incertain, précaire et pauvre.
Ce mouvement se radicalise car derrière les refus de cette réforme se lèvent des slogans anti Sarkozy, anti Woerth, « antipouvoirenplace ». La jeunesse manifeste et elle affirme son écœurement face à des discours où on la dit manipulée alors que dans le même temps le pouvoir durcit sa politique sécuritaire, se méfiant d’une jeunesse qu’il ne contrôle pas et donc qu’il ne peut pas manipuler.
Ce mouvement va au delà de la question des retraites. Il y a comme une odeur de «lutte des classes », un ressenti, une rancœur entre l’aisance des riches et la précarité du peuple.
Dans ce climat social, dans ce bras de fer, le gouvernement doit choisir entre deux inconvénients.
Le premier inconvénient est de faire marche arrière pour réouvrir les négociations. Il doit faire preuve d’une grande sagesse et d’une grande responsabilité. Je ne le répéterai pas assez, les français ne sont pas contre une réforme des retraites, mais contre cette réforme idéologiquement injuste. 79% des français sont pour une renégociation.
Il est toujours possible d’entamer un nouveau dialogue, de convoquer un Grenelle des retraites et de faire assoir à une même table les représentants des caisses de retraites, des caisses maladies, les syndicats, les partis politiques et le gouvernement.
La deuxième voie quant à elle est la solution du pourrissement qui est actuellement choisie par le Président et son gouvernement. Ils laissent le mouvement s’essouffler sous le poids économique des jours de grève. Une grève coûte cher aux salariés et les vacances scolaires pointent leur nez. Le gouvernement veut terrasser le dragon gréviste.
La réforme sera votée et appliquée. Après des débats épuisants face à un gouvernement autiste qui a préféré tout au long des séances passer en force comme à l’Assemblée ou en jouant sur les séances de nuit au Sénat dans l’unique but d’accélérer les discutions d’un projet de loi déjà dans la procédure d’urgence.
Quels scénarii pour cette sortie de crise soutenue par la grande majorité du peuple ?






