20
Oct
2010
3

Une odeur de «lutte des classes »

Une 6ème journée de manifestation nationale, plus de deux mois de débat entre l’Assemblée Nationale et le Sénat et bientôt une semaine que le mouvement se radicalise.

La mobilisation ne faiblit pas, elle ne diminue pas, sans pour autant augmenter. Mais la mobilisation se durcit. Le mouvement social qui secoue la France est le symptôme de ce ras-le-bol contre l’hyper Président et son gouvernement. Sous les slogans des manifestants opposés à cette réforme des retraites, on retrouve à chaque fois ce triste terme qui est «injustice.

L’injustice fait que seule la population la plus aisée est écoutée, laissant 95% des français dans le silence.
L’injustice augmente la surcharge de travail qui est engendrée par la suppression des postes chez les fonctionnaires, alors que le gouvernement donne des moyens au privé pour recruter.
L’injustice est le symbole de notre jeunesse face à un avenir incertain, précaire et pauvre.

Ce mouvement se radicalise car derrière les refus de cette réforme se lèvent des slogans anti Sarkozy, anti Woerth, « antipouvoirenplace ». La jeunesse manifeste et elle affirme son écœurement face à des discours où on la dit manipulée alors que dans le même temps le pouvoir durcit sa politique sécuritaire, se méfiant d’une jeunesse qu’il ne contrôle pas et donc qu’il ne peut pas manipuler.

Ce mouvement va au delà de la question des retraites. Il y a comme une odeur de «lutte des classes », un ressenti, une rancœur entre l’aisance des riches et la précarité du peuple.

Dans ce climat social, dans ce bras de fer, le gouvernement doit choisir entre deux inconvénients.
Le premier inconvénient est de faire marche arrière pour réouvrir les négociations. Il doit faire preuve d’une grande sagesse et d’une grande responsabilité. Je ne le répéterai pas assez, les français ne sont pas contre une réforme des retraites, mais contre cette réforme idéologiquement injuste. 79% des français sont pour une renégociation.
Il est toujours possible d’entamer un nouveau dialogue, de convoquer un Grenelle des retraites et de faire assoir à une même table les représentants des caisses de retraites, des caisses maladies, les syndicats, les partis politiques et le gouvernement.

La deuxième voie quant à elle est la solution du pourrissement qui est actuellement choisie par le Président et son gouvernement. Ils laissent le mouvement s’essouffler sous le poids économique des jours de grève. Une grève coûte cher aux salariés et les vacances scolaires pointent leur nez. Le gouvernement veut terrasser le dragon gréviste.

La réforme sera votée et appliquée. Après des débats épuisants face à un gouvernement autiste qui a préféré tout au long des séances passer en force comme à l’Assemblée ou en jouant sur les séances de nuit au Sénat dans l’unique but d’accélérer les discutions d’un projet de loi déjà dans la procédure d’urgence.

Quels scénarii pour cette sortie de crise soutenue par la grande majorité du peuple ?

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : ,
13
Oct
2010
0

Dans une démocratie les représentants écoutent le message de la rue

Il est évident que dans une démocratie la rue qui élit ses représentants, ne décide pas. Mais il est nécessaire que dans une démocratie les représentants et de surcroît le gouvernement écoutent le message que la rue leur porte.

La manifestation nationale du 12 octobre a été encore plus importante que la dernière fois. La reconduite des mouvements de grèves, signe, d’une radicalisation révèle le désaccord profond des salariés avec cette réforme toujours en discussion et donc pas encore votée.

Le projet de loi est proposé dans l’urgence, là ou de longs et méticuleux travaux de préparations auraient été préférables. Les français comprennent que le système actuel a besoin d’une réforme. Les slogans d’hier ne sont pas anti-réforme. les Slogans d’hier demandent plus de justice pour demain. Justice, un mot que le gouvernement, s’il existe encore, et que les conseillers de l’Élysée ont abrogé de leur vocabulaire.

Il est temps de mettre un terme à cette réforme qui alourdit les injustices, qui accroît les inégalités. En relevant l’âge du départ à taux plein de 65 à 67 ans dès 2016 nous aggravons les conditions des salariés à la carrière incomplète. Catégorie de salarié sur-représentée par une majorité de femmes qui exercent leur travail dans un milieu social déjà inégalitaire en plusieurs points.

Il est temps de revoir le financement de cette réforme dont le gouvernement se désengage à partir de 2020 en ne prévoyant pas de financement à partir de cette date. Il est encore temps de mettre sur la table un volet de fiscalité plus progressif, en mettant davantage à contribution les revenus du capital et les hauts revenus. J’ajoute que cette réforme va faire qu’engendrer un peu plus de déficit. Des seniors hors emplois entre 60 et 62 ans sont autant d’allocations chômages, de RSA et d’arrêts maladie à financer.

Enfin, cette réforme oublie une chose primordiale : Une réforme des retraites doit se financer avec une politique d’emploi maximisée.

Cette réforme aurait du se construire dans le temps et non dans l’urgence. Cette réforme aurait du se construire sur un dialogue social plus soutenu, plus rigoureux, plus respectueux et plus long. Le gouvernement aurait du développer la recherche du compromis afin que le terme de justice sociale ait encore du sens dans nos esprits.

Ecrit par Roger Madec dans : Non classé | Tags : , , , , ,
27
Sep
2010
0

Réforme des retraites : Restons mobilisés

Samedi 2 octobre les syndicats appellent à une nouvelle grève contre la réforme des retraites proposée par le gouvernement. Une nouvelle fois, le gouvernement s’emmure dans le silence autiste afin de passer en force, sans discussion possible une réforme qui est rejetée par les Français. D’une réforme qui doit se préparer en plusieurs années, on nous sert une réforme à la va-vite qui s’installera dans notre société pour les 30 prochaines années.
Si aujourd’hui personne ne peut se dire opposé à une réforme, nous voulons que cette réforme soit la plus juste possible, la plus efficace et la plus durable, à travers 4 grandes priorités :
Garantir le niveau de vie des retraités, menacé par les réformes de 1993 et 2003, qui n’ont rien réglé.
Faire une réforme juste, en mettant à contribution tous les revenus, y compris ceux du capital; en prenant en compte la pénibilité; en maintenant l’âge légal de départ à 60 ans.
Faire une réforme durable, avec un financement qui pérennise notre système par répartition,
Des garanties collectives pour davantage de choix individuels, dans un cadre universel, solidaire et protecteur qui prenne en compte les parcours personnels.

Nous devons rester mobilisés dans la rue et dans l’hémicycle du Sénat à partir du 5 octobre.

Ecrit par Roger Madec dans : Communiqué de presse | Tags : , , ,
17
Juin
2010
0

Retraite : Au revoir égalité, bonjour injustice

La réforme des retraites qui a été présentée hier matin est une provocation à l’ensemble des Français et plus particulièrement un pied de nez aux classes modestes de notre pays.

Après un feuilleton au suspense somme tout relatif, Eric Woerth aura attendu la coupe du monde de football pour présenter son projet. Nous connaissons parfaitement cette stratégie politicienne qui consiste à faire passer les réformes importantes pour la nation quand le peuple est occupé avec les jeux du cirque. Le peuple n’est pas dupe Monsieur Woerth.

Faut-il réformer notre système de retraite ? Oui, sans aucun doute. Fallait-il cette réforme ? Non.

Le projet qui nous est dicté est dans la continuité de la politique gouvernementale. Cette politique qui a effrontément remplacé le beau mot d’égalité par le clientéliste injustice.
Sur le fond, il est facile et sans démagogie mal venue, de comprendre aisément que les travailleurs sont les grands perdants de cette réforme. Bien sûr, de l’argent est dégagé. Il est même possible qu’en 2018 les comptes tendent vers l’équilibre mais à quel prix. Le prix est lourd et il est non négociable. Les classes modestes vont payer la retraite des classes aisées.

Le report de l’âge à 62 ans ne concerne pas l’ancien d’HEC, de la rue Saint-Guillaume, de l’ENA où toute personne ayant fait des études longues. Le calcul est simple. En augmentant l’âge l’égal, nous faisons une économie la première année plus importante que si on avait augmenté la durée de cotisation, mais l’augmentation de l’âge légal accroît fortement la proportion de personnes les plus modestes de carrières longues. Catégorie de la population qui va devoir être obligée de travailler encore plus longtemps. La chaîne industrielle recrute tôt et use vite. En effet l’espérance de vie n’est pas égale. S’il s’accroît pour tout le monde, l’ouvrier meurt avant le cadre.

De fait, la question de la pénibilité se pose. Le projet prévoit le cas par cas. Aucun travail n’est pénible tant que vous ne l’avez pas prouvé à hauteur de 20% d’invalidité. L’ouvrier fatigué, l’ouvrier usé, l’ouvrier cassé sera amené à apporter la preuve des souffrances physiques accumulées.
Faut-il encore d’autres exemples pour démontrer que cette réforme est injuste.

Injuste donc par le traitement infligé à ceux qui triment et injuste, aussi, sur la méthode de financement choisi. Le fond de réserve de Lionel Jospin est pillé alors que la droite ne l’a jamais alimenté. Le strict minimum de prélèvement sur les revenus du capitale et sur les hauts revenus, alors que ce prélèvement était attendu pour être le symbole d’un peu plus d’équité.

Injuste sur l’emploi. Comment embaucher plus dans une période de crise où le chômage explose si l’on augmente l’âge de départ de 2 ans ? 2 ans de plus à travailler c’est 2 ans de plus avant de libérer son poste et donc de favoriser l’avancement et l’embauche. Augmenter l’age légal à 62 ans, encore fallait-il s’en donner les moyens en supprimant les exonérations sur les heures supplémentaires qui coûtent 4 milliards d’euros par an à l’État et qui freinent considérablement l’emploi.

Cette réforme est la preuve ultime que Sarkozy et son gouvernement propose la rupture, la rupture entre les Français, entre ceux qui travaillent et ceux qui vivent du capital et des hauts revenus. Comment peut-il encore nous faire croire qu’il est le Président de tous les Français alors qu’il avait assuré qu’il ne toucherait pas à l’âge légal de départ en retraite, parce qu’il n’avait pas reçu le mandat des électeurs en 2007.

Je serai cet automne de tous les combats afin que le gouvernement modifie ce projet en profondeur.

19
Mai
2010
1

Retraites : nos propositions

Retrouver le texte intitulé « Pour une réforme juste, efficace et durable des retraites: un système universel et personnalisé » que le Bureau national du PS a adopté hier soir.

Télécharger le Pdf.

Ecrit par Roger Madec dans : Communiqué de presse | Tags :
20
Jan
2010
0

Débat national sur la réforme des retraites

Martine Aubry dans une déclaration courageuse a pris les devants sur RTL en annonçant que l’âge optimal de départ à la retraite devrait se situer au alentour de 61-62 ans. Ancienne ministre du travail et réformiste des 35 heures on ne peut que lui porter caution.

Ce chiffre de 61-62 ans n’est pas un chiffre inventé dans la stratégie de refondation du PS. Il s’agit d’un chiffre qui est le résultat d’un modèle de calcul théorique qui tend à déterminer l’âge optimal de départ à la retraite. La France utilise un système de modélisation dit Pelé-Ralle de 1997 qui prend en compte notre cher système de répartition.

La réflexion sur un sujet aussi délicat que la réforme des retraites reste tabou dans l’hexagone depuis près de 30 ans où l’abaissement l’âge de la retraite à 60 ans est considéré comme l’un des grands acquis du symbole socialiste.

Si la tentation de la capitalisation s’est aujourd’hui effacée du débat politique, il inévitable de s’interroger sur notre système de retraite par répartition qui était justifié par l’arrivée de la génération baby-boom sur le marché du travail.

La France est un pays qui vieillit avec une accélération depuis 2006 qui correspond à la première année du passage à l’âge de la retraite des générations du baby-boom (1946-1973).
Le système de répartition arrive à bout de souffle et il faut donc trouver une solution. La première idée est de reculer l’âge de départ à la retraite puisque nous vivons plus longtemps et mieux.

Néanmoins je m’interroge sur le fait qu’il y ait du travail jusqu’à 62 ans ou plus alors que dans le même temps nous n’arrivons pas à endiguer un chômage chronique important. On peut ajouter que la ralentissement de l’activité économique avec les crises successives a servi de prétexte à une politique restrictive de l’emploi avec des effectifs occupés qui tendaient à stagner, tandis que les mises à la retraite se multipliaient.

La problématique de la réforme des retraites doit s’actionner autour de 3 facteurs.

Le premier facteur est lié à l’âge de la retraite qui est fixe et à l’espérance de vie qui ne cesse d’augmenter. Ce rapport entre la période de cotisation et la période de retraite ne peut que diminuer c’est à dire que nous nous dirigeons vers une période de cotisation plus courte que la période de retraite. Ce premier point s’imbrique avec le deuxième facteur qui quant à lui est générationnel puisque les « salariés baby-boomers » arrivent en masse à la retraite. Le troisième facteur est lié à la conjoncture politique de notre pays, un taux de chômage trop élevé, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite,la politique de lutte contre l’immigration, la politique salariale des entreprises gourmandes en jeunes effectifs qui n’hésitent pas à envoyer les vieux effectifs en retraite d’office et la relative faible écoute des partenaires sociaux.

La solution n’est pas simple et elle mérite un grand débat sur cet épineux sujet qui est plus attendu qu’un débat sur l’identité nationale. Il serait intéressant de réfléchir sur des nouvelles politiques qui se retrouvent trop souvent masquées par la question : A quel âge doit arrêter de travailler ?

Je ne pense pas que l’âge de la retraite doit nécessairement être résolu par l’augmentation de l’âge de départ à la retraite. D’autres pistes sont à explorer telles qu’une politique volontariste et efficace de lutte contre le chômage, qu’une ouverture à l’immigration, qu’un rééquilibrage équitable des cotisations entre les salariés (défavorisés et favorisés) etc.

C’est donc un vaste chantier qui s’ouvre devant nous où les acteurs sont deux générations différentes et où chacun doit apporter sa contribution.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : ,

Propulsé par WordPress | Thème Aeros | Glen CHAVIN-COLLIN | Traduction WordPress tuto