Rapport Ciotti : Le best-seller de la présidentielle serait-il déjà sorti ?
Le best-seller de la présidentielle serait-il déjà sorti ? À en croire le rapport Ciotti qui tombe à point nommé dans le campagne des présidentielles, on voit très bien revenir le grand thème, vainqueur toute catégorie : la sécurité.
Ce rapport, ni bon ni mauvais, a le mérite de désavouer l’ancienne Garde des Sceaux, Rachida Dati et de révéler à l’opinion publique l’échec du tout sécuritaire de la politique sarkoziste.
Car entre le yo-yo des chiffres des suppressions de postes dans la police nationale, le gouvernement a oublié que le « policier-juge » faisait uniquement partie des personnages de fictions. La justice rencontre toujours l’accusé. Mais avec l’intensification significative des arrestations et des procédures pénales il serait temps d’apporter les moyens nécessaires à notre justice qui avance, tant qu’elle peut, d’un pas souvent claudiquant.
Le rapport Ciotti met donc en évidence le fait que certains condamnés ne purgent jamais leur peine. Ce qui n’est pas totalement vrai puisque qu’en France 84% des peines prononcées sont exécutées.
Le second point que soulève le rapport nous amène sur un sujet où la droite et la gauche se différencient largement. Il s’agit de l’aménagement de la peine. Je suis convaincu que l’aménagement de la peine est nécessaire dans une démocratie qui souhaite investir sur l’humain. Le monde carcéral est un monde difficile où le condamné doit y percevoir et ressentir l’espoir de la réinsertion future. Il en est de même pour l’accompagnement à la sortie de prison. Ainsi, on remarque que les libérations sèches accroissent le risque de récidive alors que les libérations conditionnelles suivies favorisent la réinsertion de l’individu dans la société.
La privation de liberté doit avoir deux buts essentiels. Le premier est de protéger la société du condamné reconnu dangereux. Et le second but doit être la préparation à la sortie. Une peine aménagée n’est pas une peine non exécutée. L’aménagement de la peine est une modalité d’exécution qui est étudiée en fonction de chaque condamné. L’espoir d’avoir une réduction de peine qui n’est pas acquise, pour le prisonnier, évite le sentiment « du plus rien à perdre ». Un sentiment qui favorise les tensions, les violences carcérales et donc le risque de voir éclater des émeutes.
La prison doit donc, comme toute la chaîne pénale, faire son autocritique. Surtout dans un contexte où certaines violences croient chaque année. Il n’est pas stigmatisant de rappeler que seulement quelques milliers d’individus commettent la majorité des infractions les plus graves. De plus les criminologues notent que ces crimes et délits sont concentrés dans 26 départements et non sur l’ensemble du territoire national. Ces délinquants violents, qui plus est, perçoivent la prison comme un rite de passage indispensable à leur progression dans le « milieu ». A cette nouvelle problématique le rapport Ciotti n’apporte aucune réponse.






