16
Juin
2011
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Rapport Ciotti : Le best-seller de la présidentielle serait-il déjà sorti ?

Le best-seller de la présidentielle serait-il déjà sorti ? À en croire le rapport Ciotti qui tombe à point nommé dans le campagne des présidentielles, on voit très bien revenir le grand thème, vainqueur toute catégorie : la sécurité.

Ce rapport, ni bon ni mauvais, a le mérite de désavouer l’ancienne Garde des Sceaux, Rachida Dati et de révéler à l’opinion publique l’échec du tout sécuritaire de la politique sarkoziste.
Car entre le yo-yo des chiffres des suppressions de postes dans la police nationale, le gouvernement a oublié que le « policier-juge » faisait uniquement partie des personnages de fictions. La justice rencontre toujours l’accusé. Mais avec l’intensification significative des arrestations et des procédures pénales il serait temps d’apporter les moyens nécessaires à notre justice qui avance, tant qu’elle peut, d’un pas souvent claudiquant.

Le rapport Ciotti met donc en évidence le fait que certains condamnés ne purgent jamais leur peine. Ce qui n’est pas totalement vrai puisque qu’en France 84% des peines prononcées sont exécutées.
Le second point que soulève le rapport nous amène sur un sujet où la droite et la gauche se différencient largement. Il s’agit de l’aménagement de la peine. Je suis convaincu que l’aménagement de la peine est nécessaire dans une démocratie qui souhaite investir sur l’humain. Le monde carcéral est un monde difficile où le condamné doit y percevoir et ressentir l’espoir de la réinsertion future. Il en est de même pour l’accompagnement à la sortie de prison. Ainsi, on remarque que les libérations sèches accroissent le risque de récidive alors que les libérations conditionnelles suivies favorisent la réinsertion de l’individu dans la société.

La privation de liberté doit avoir deux buts essentiels. Le premier est de protéger la société du condamné reconnu dangereux. Et le second but doit être la préparation à la sortie. Une peine aménagée n’est pas une peine non exécutée. L’aménagement de la peine est une modalité d’exécution qui est étudiée en fonction de chaque condamné. L’espoir d’avoir une réduction de peine qui n’est pas acquise, pour le prisonnier, évite le sentiment « du plus rien à perdre ». Un sentiment qui favorise les tensions, les violences carcérales et donc le risque de voir éclater des émeutes.

La prison doit donc, comme toute la chaîne pénale, faire son autocritique. Surtout dans un contexte où certaines violences croient chaque année. Il n’est pas stigmatisant de rappeler que seulement quelques milliers d’individus commettent la majorité des infractions les plus graves. De plus les criminologues notent que ces crimes et délits sont concentrés dans 26 départements et non sur l’ensemble du territoire national. Ces délinquants violents, qui plus est, perçoivent la prison comme un rite de passage indispensable à leur progression dans le « milieu ». A cette nouvelle problématique le rapport Ciotti n’apporte aucune réponse.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , ,
18
Mai
2011
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communiqué : Participation des citoyens au fonctionnement de la justice pénale

Très loin des préoccupations des français, nous examinons au Sénat le texte relatif à la participation des citoyens au fonctionnement de la justice pénale.

A son habitude, le gouvernement, porte-parole du Président de la République, a demandé l’urgence. Cette énième loi judiciaire qui nous est proposée dans cette frénésie législative a deux buts.
Le premier objectif est de faire participer les jurés populaires dans les 600 000 décisions de justice dans les tribunaux correctionnels et dans un second terme d’abroger la justice des mineurs pour la calquer sur celle des adultes. La sanction au lieu de la prévention reste toujours le leitmotiv de Nicolas Sarkozy.

Cet effet marketing de la logique sécuritaire n’est pas nouvelle et à la veille d’élections, elle prend l’odeur de la propagande populiste. Le gouvernement joue une fois de plus sur la séparation des français en fourvoyant la défiance des magistrats par l’opinion qui ne seraient pas assez sévères. Nicolas Sarkozy fonde son texte sur une opinion publique qui n’écouterait uniquement son émotion à l’égard du plaignant en faisant table rase de la présomption d’innocence. A quand la procédure accusatoire ?

Cependant, la Chambre Haute a osé remanier un peu le texte gouvernemental loin de toute tentative électoraliste. Le sénateur a su reprendre sa position centrale de législateur dans l’institution démocratique. Si je reste en opposition avec ce texte, je ne peux que constater les avancées qui ont été faites. Ainsi, le texte de la commission propose l’expérimentation pour la participation de citoyens assesseurs aux différentes juridictions pénales.

Malgré certaines progressions, cette loi ne répondra pas au malaise grandissant de la justice. Une justice étranglée par le manque de moyens constants. Il est plus que temps de mettre en place un Grenelle de la justice. Notre justice doit être sauvée en renforçant les agents titulaires et en lui affectant un budget à la hauteur de notre idéal démocratique.

08
Déc
2009
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La garde à vue en question

Le Nouveau Centre vient de déposer une Proposition de Loi (PPL) sur la garde à vue.
J’imagine que cette PPL prend sa genèse dans une circulaire du 11 mars 2003, instruction ministérielle relative à la garantie de la dignité des personnes placées en garde à vue. L’auteur, ministre de l’intérieur et aujourd’hui Président de la République, mentionne que toute personne en garde à vue, reste une personne présumée innocente.

Cependant, l’opinion publique sait, que si il y a présomption d’innocence, elle se ressent différemment du point de vue du « témoin » ou du « suspect ». La personne « témoin » devient « mise en cause » à la notification des faits qui lui sont reprochés. La garde à vue inhibe le sentiment d’innocence. Le « mis en cause » est suspect. Le soupçon se dissipe difficilement.

Le « suspect » de la garde à vue qui est en même temps « l’innocent » judiciaire doit le plus rapidement possible se faire notifier ses droits et ainsi demander la présence d’un avocat qui doit avoir accès au dossier dès la notification de la garde à vue.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) va dans ce sens et le 30 novembre dernier à Bobigny un juge des libertés et de la détention a déclaré nulle une garde à vue au motif que la personne arrêtée « n’a pu bénéficier de l’assistance d’un avocat durant son interrogatoire, ni même avant toute audition, ou encore en début de garde à vue ».

Selon l’art. 63-4 du Code de Procédure Pénale, le gardé à vue peut en effet s’entretenir avec un avocat pendant 30 minutes, et cela, dès la première heure. Toutefois, l’avocat n’a pas accès au dossier et ne peut pas assister aux interrogatoires. Ce qui suivant mon interprétation lèse les droits de la défense.

Ce débat sur la garde à vue qui vient de muter en PPL a le mérite d’éclaircir un fait. Avec 562 083 gardés à vue en 2007, la France a accru le nombre de « mise en cause » de 54% par rapport à l’an 2000. La garde à vue devient systématique et se banalise dans la procédure judiciaire alors que la garde à vue doit être adaptée aux circonstances de l’affaire et à la personnalité du « mise en cause ».

Je trouve ainsi que la proposition de loi Nouveau Centre est positive dans le fait qu’elle rappelle que la CEDH considère que « le droit de tout accusé à être effectivement défendu par un avocat, au besoin commis d’office, figure parmi les éléments fondamentaux d’un procès équitable ».

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , , ,
25
Déc
2008
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Question écrite sur l’état des lieux des prisons.

La diffusion d’une vidéo sur le site Internet du Monde daté du 18 décembre 2008 confirme ce que dénoncent les autorités indépendantes sur l’état des lieux des établissements pénitentiaires français. Les prisons françaises sont loin d’être un exemple européen. La surpopulation carcérale, l’insalubrité inacceptable des établissements pénitentiaires et les actes de violence entre détenus appellent à une réforme profonde des prisons françaises.

La responsabilité de l’État est engagée en raison de conditions de détention contraires au « respect de la dignité humaine ». Le placement en détention provisoire ou une condamnation ne justifie pas au regard de la loi la nécessité d’infliger un mauvais traitement.

Je souhaite ainsi obtenir une réponse pour que changent les inacceptables conditions de détention des détenus.

Voir la question écrite.

Ecrit par Roger Madec dans : Mes interventions | Tags : , ,
13
Nov
2008
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Où en sont les travaux de rénovation de la prison de la Santé à Paris ?

La maison d’arrêt de la Santé se trouve dans un état d’insalubrité critique. Déjà, en 2005, un audit avait conclu à la dangerosité de l’établissement amenant à la fermeture des blocs B et C pour rénovation urgente. Les travaux de rénovation étaient programmés pour l’année 2008 et estimés à 150 millions d’euros pour la reconstruction de la partie haute. Or pour des raisons budgétaires, ils ont été repoussés à 2012 pour une livraison prévue en 2016.

Je souhaite avec cette question que Mme la garde des sceaux, ministre de la justice précise la nature des actions entreprises pour réhabiliter cet établissement pénitentiaire.

Voir la question écrite.

Ecrit par Roger Madec dans : Mes interventions | Tags : , ,
13
Nov
2008
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Des moyens pour lutter contre le suicide en prison.

Entre le 1er janvier 2008 et le 24 octobre 2008, 92 détenus se sont donnés la mort, ce qui porte le chiffre à 762 détenus suicidés depuis 2002, date à laquelle on a constaté les derniers suicides de mineurs incarcérés. 60 % des suicidés sont des prévenus, en attente de jugement ; 14,5 % commettent leur geste suicidaire au cours de la première semaine d’incarcération ; plus du tiers des suicides ont lieu au cours du premier mois d’incarcération et les trois quarts des morts par suicide ont lieu la première année.

Les suicides en prison doivent être pris au cas par cas. Ils mettent en évidence de graves défaillances du système pénitentiaire français. La surpopulation carcérale a explosé depuis 2004. Elle atteint un niveau record et la France est aujourd’hui la lanterne rouge européenne avec un taux de surpopulation de 126 % alors que la moyenne s’établit à 102 % en Europe. On dénombre soixante-trois mille détenus pour cinquante mille places dans des établissements vieillissants.

À titre d’exemple, la prison de la Santé voit son projet de rénovation repoussé à 2012 pour une livraison en 2016.

Avec cette question, je souhaite que la Ministre précise sa politique dans ce domaine et les moyens qu’elle compte y allouer.

Ecrit par Roger Madec dans : Mes interventions | Tags : , ,

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