Passez votre chemin, il n’y a rien à voir ! Voilà ce qu’aimerait faire croire l’UMP. Malheureusement, ce qu’il y a à constater est une réalité bien sombre pour le gouvernement.
Le remède miracle ne serait-il qu’un placebo ? De toute évidence oui ! La solution à tous les maux de la retraite jusqu’en 2020 n’aura tenu que…trois jours. Il semble bien que ce soit encore un fabuleux coup marketing du gouvernement. Non content de démentir sans cesse l’image de chantre de l’efficacité qu’il essaye de s’attribuer, ce dernier se montre davantage le chantre de l’illusionnisme !
Pourtant les publicitaires le savent bien, le marketing ne suffit pas si le produit n’est pas au rendez-vous, et un client déçu ne retente que très difficilement l’expérience. D’autant que dans le cas qui nous intéresse, la pilule est amère et difficile à avaler.
L’été arrive, et les passages en force du gouvernement s’amplifient. Ce que l’UMP prouve sans détour, c’est, d’une part, son incapacité à préparer des réformes réellement financées et son goût pour l’imprécision perpétuelle, et, d’autre part, le complet mépris des Français en refusant d’attendre la rentrée pour annoncer cet allongement des années de cotisation et de l’âge du départ à la retraite.
Non les Français ne sont pas des enfants à rééduquer ! Non ils ne peuvent accepter cette posture de professeur de morale doublée d’une maîtrise en pragmatisme que prend sans cesse le Ministre du travail. Les Français se lassent de ces méthodes archaïques où leur avis est relégué dans les tiroirs du ministère, et faussement modernistes à coup de recettes de vente utilisées à l’époque de la vente à domicile des fameuses boîtes à couvercle réutilisables.
Nos concitoyens savent qu’un allongement des cotisations est nécessaire, mais ils attendent une réforme plus juste. Le thème de la pénibilité ne peut être balayé d’un revers de la main sans faire insulte à une part importante des salariés. De même, le problème du chômage chez les seniors ne peut être ignoré quand on demande aux Français de travailler plus tard. Chacun doit être libre de partir dès l’instant où il a cotisé un nombre d’années suffisant. Inversement, toute personne n’ayant pas cotisé suffisamment ne devrait pas être exclue du monde de l’emploi, sinon ce sont les femmes encore une fois qui supporteront les inégalités jusqu’au bout.
Réformer la retraite exige de cerner l’ensemble des problématiques et d’apporter une réponse intelligible et juste. Or, l’improvisation alliée à la prétention n’a apporté qu’un creusement des inégalités encore plus important. Élever l’âge de départ à la retraite de façon aussi uniforme est la preuve flagrante de l’iniquité de cette réforme et de l’absence d’écoute. Les Français sauront se faire entendre en 2012 !