Cannabis, sortons de l’hypocrisie
Cannabis.
Les propos de Cécile Duflot ministre du gouvernement Ayrault sur le sujet délicat du cannabis peuvent être qualifiés de sottise. Sottise sur la forme mais en aucun cas sur le fond.
Sur la forme, Cécile Duflot en sa qualité de ministre ne doit pas prendre l’initiative de prôner la dépénalisation du cannabis. La cannabis est un sujet majeur de notre société qui ne peut pas être la parole d’un seul ministre. Un sujet de société aussi important doit être au préalable discuté dans la concertation avec l’ensemble des membres du gouvernement avant une annonce qui reviendrait exclusivement au Premier Ministre. En voulant aller trop vite, et rappeler à chacun l’une de ses positions de prédilection, Cécile Duflot risque de faire contredire le Premier Ministre et ainsi mettre du discrédit sur le gouvernement. A quelques jours des élections législatives Cécile Duflot aurait pu éviter cette annonce.
Sur le fond, la question du cannabis n’est pas nouvelle. Et je rejoins entièrement les propos et le positionnement de mon ami Daniel Vaillant.
La France est un pays très conservateur en Europe, alors que le concert européen prescrit déjà du cannabis thérapeutique à un grand nombre de malade, nous préférons continuer dans la voie des opiacés puissants. Combien d’années, encore, faudra-t-il pour que la recherche française puisse étudier cette drogue dans le but de calmer la douleur des patients ?
S’il est important de légaliser le cannabis à usage médical, il faut aussi étudier sérieusement l’arrêt de la prohibition qui n’est qu’une succession de bataille perdue d’avance. Dans un pays qui défend mordicus la vente d’alcool et de tabac, l’interdiction de cannabis peut prêter à sourire. Malheureusement les pouvoirs publics n’ont jamais eu le courage de cette réflexion. La prohibition, seule bilan de la Droite répressive, est un échec total. Le cannabis est toujours consommé et son dealer est toujours plus riche. Arrêtons de nous aveugler. Aucune politique d’évaluation n’a été menée afin de démontrer la pertinence de la prohibition. Ce constat d’échec nous oblige à réfléchir différemment, à proposer de légaliser le cannabis en le plaçant sous un encadrement strict, sous un contrôle exclusif de l’État. Une vente réglementée permettrait de vider les quartiers d’une délinquance de plus en plus menaçante et qui contrôle généralement certaines cages d’escalier par la violence. Le 19ème, comme d’autres villes, est pleinement exsangue de cette interdiction.
Ne mettons pas de coté un des aspects positifs d’une légalisation qui verrait la mise en place de plans de prévention efficaces comme il en existe pour le tabac et l’alcool qui, je vous le rappelle, tuent respectivement 66 000 personnes et 45 000 personnes en France chaque année. Des drogues mortelles mais licites dont personne ne s’offusque qu’elles ne soient pas prohibées.
Sortons de l’hypocrisie et ouvrons un grand débat sur la légalisation du Cannabis. Je le répète la prohibition c’est tout simplement l’État qui laisse la vente réglementée d’un produit aux crimes organisés.






