08
Mar
2011
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Sondage : un « 21 avril » est encore loin.

Deux sondages de suite amènent des commentaires sur la possible élections de Marine Le Pen à l’élection présidentielle.

Il n’est pas encore temps de s’alarmer, un « 21 avril » est encore loin. Plusieurs points démontrent l’inexactitude des sondages un an à l’avance. Le premier point est la rigueur scientifique du sondage déconstruit par les différents chercheurs qui les étudient. Si on avait cette même rigueur scientifique que le sondeur pour aller dans l’espace, il est fort probable que nos fusées n’auraient jamais dépassé l’altitude du premier mètre.

De plus un sondage à un an des présidentielles ne prédit rien. Il s’agit, ni plus ni moins, de regarder dans une boule de cristal pour essayer d’y lire l’avenir. On se souvient des sondages de 1980, 1994, 2001 ou, plus près de nous, de 2006. Ils avaient tous pronostiqué le mauvais vainqueur.

Alors, que nous enseignent ces deux sondages ? Les sondages de ce weekend montrent que le score élevé du FN est au alentour de 24%. Il s’agit d’un score proche de la dernière élection, celle des régionales. Effectivement, le résultat du FN aux régionales de 2010 dans les régions où il était présent au second tour est de 17,81%. Cette différence de 4 points peut être justifiée par les coefficients de correction qui sont utilisés par les sondeurs.

Il faut surtout se concentrer sur les faibles scores de l’UMP et du PS. En y regardant avec attention, on remarque qu’il n’y a rien d’étonnant à avoir des chiffres aussi bas.
Pour l’UMP qui nous étouffe dans une politique sécuritaire, avec des débats sur l’identité nationale, des colloques sur la place de l’islam, ainsi que des discours ayant pour but de nous effrayer de l’imminente invasion arabe, entraînent un tropisme des électeurs vers une droite légitime à ce genre de propagande. Les français préfèrent, généralement, la version originale à la copie.

Quant au PS, c’est son manque de crédibilité criant qui lui permet d’être doublé par cette extrême. Nos années dans l’opposition nous ont permis de devenir de grand critique sans pour autant nous faire devenir un parti politique aux propositions audibles.

A un an des élections, il n’est pas encore trop tard pour se mettre au travail. Il serait illusoire de penser qu’une élection se gagne sans programme crédible pour l’ensemble des Français.

10
Nov
2010
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Un verdict apaisant pour une comparution inquiétante.

8 jeunes algériens ont été poursuivis pour atteinte à l’un des cinq piliers de l’Islam : le ramadan.
La faute : la suspicion d’avoir rompu le jeûne dans un espace privé.
Cette comparution soutenue par le parquet d’Algérie est inquiétante. En effet, on peut y voir une immiscions de l’État dans la foi des citoyens algériens. Ainsi, la religion ne relèverait plus de la sphère privée ou de la conviction intime. C’est dans ce sens que l’article 144 bis 2 du code pénal condamne toute offense à la religion d’État (article 3 de la constitution). Cet article contesté est jugé liberticide par les défenseurs des Droits de l’Homme.

Le verdict de relaxe rendu par la justice algérienne apaise et ouvre une porte vers un plus de tolérance vis-à-vis de la croyance personnelle des algériens.  «La liberté de conscience est peut-être la seule liberté qui reste au citoyen algérien. On est arrivé à tout régenter : la vie publique, la vie privée…» s’indigne Said Salhi, le président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme de Béjaïa

09
Nov
2010
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Baby-Loup : Une décision qui tend vers le respect du vivre ensemble.

Dans le dossier Baby-Loup l’audience prudhommale a été mise en délibérée au 13 décembre prochain.

Ce dossier difficile soulève, à mon sens, deux questions. L’une concerne le droit administratif. En effet, le juge aura à se prononcer sur l’activité de la crèche afin de démontrer si elle relève d’une activité de service public, c’est-à-dire être un service d’intérêt général additionné d’un contrôle de la puissance publique. Dans ce cas, la crèche Baby-Loup est donc astreinte à la neutralité et le débat sera clôt. Cependant, la faiblesse juridique de cette argumentation est que la crèche Baby-Loup n’est pas une crèche municipale ou une crèche ayant reçu une délégation de service public. On attend toujours la réponse à cette question qui fera jurisprudence.

La deuxième interrogation concerne la laïcité. Lorsque l’on travaille avec un public d’enfants, la laïcité ne devrait-elle pas être de fait ? Je reste convaincu que le port ostentatoire de signes quels qu’ils soient à savoir religieux ou politiques, est une forme de prosélytisme et il appartient à tout établissement accueillant des enfants de faire vivre les valeurs de la laïcité, de développer et de conforter le libre arbitre de chacun, de garantir l’égalité entre les élèves et de promouvoir une fraternité ouverte à tous .

Je salue donc la décision de Jeannette Bougrad, présidente de la HALDE, de ne plus soutenir la salariée voilée. Une décision qui tend vers le respect du vivre ensemble.

11
Oct
2010
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Crèche Baby-Loup, attention aux amalgames

L’actualité de ce week-end à la crèche Baby-Loup de Chanteloup-les-Vignes dans les Yvelines médiatise les confusions entre religion, voile et laïcité. Démarrée en 2008, cette affaire de licenciement est portée à notre connaissance après un an de débat sur l’identité nationale et une loi contre le voile intégral.

Ce nouveau cas de voile qui passionne les foules ce matin, n’est ni une bourqa, ni un niqab mais un voile. Le débat douloureux sur l’interdiction de dissimuler son visage dans l’espace public encore présent dans nos esprits ne doit pas nous entraîner sur le chemin des amalgames.

L’affaire de la crèche Baby-Loup relance uniquement le débat de la place de la laïcité et de la loi de 1905 dans notre pays.

Certaines réformes ou discours portent à croire que la loi de 1905 n’est plus protégée et que dans ces 10 dernières années des brèches se sont entrouvertes. Cependant, en 2004 est entrée en vigueur une loi relative à l’interdiction du port de signes ostentatoires. Le but étant de réaffirmer la neutralité de l’école.  Il appartient à l’école de faire vivre les valeurs de la laïcité, de développer et de conforter le libre arbitre de chacun, de garantir l’égalité entre les élèves et de promouvoir une fraternité ouverte à tous. En protégeant l’école des revendications communautaires, la loi conforte son rôle en faveur d’un vouloir-vivre-ensemble.  Aux termes du premier alinéa de l’article L. 141-5-1 du code de l’éducation, “dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit”.

Les agents contribuant au service public de l’éducation quant à eux doivent respecter obligatoirement la stricte neutralité du service public et donc ne pas manifester des croyances religieuses [CE, avis du 3 mai 2000]. Ce principe de neutralité de la laïcité évite le prosélytisme à l’école où l’ostensible religieux peut être perçu comme de l’endoctrinement et appuie le fait que la religion doit être un choix adopté librement et en aucun cas une croyance imposée.

C’est donc cette dernière affirmation sur la religion comme un choix librement adoptée et non imposée que le cas de la crèche Baby-Loup qui m’amène à me prononcer.

C’est donc une question plus générale qui s’ouvre et qui pourrait être posée de cette façon : Tout travail avec des enfants doit-il respecter la neutralité de la laïcité ?

Au même titre que la loi de 2004, les crèches publiques doivent œuvrer à garantir l’égalité entre les enfants quelque soit leur âge et les protéger des revendications communautaires.

Pendant ce temps, l’ex-salarié de la crèche Baby-Loup réclame 80 000 euros de dommages et intérêts pour son licenciement qui en cas de victoire porterait un coup fatal à l’association et aux autres structures associatives d’accueil mixte financées par les collectivités territoriales.
Ainsi en vertu de Article 2 de la loi 1905: « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte […] » les collectivités seraient amenées à ce désengager financièrement de toute structure associative d’accueil mixte tel que les crèches où l’un des salariés en portant des signes ostentatoires ferait basculer ladite association laïque en une association cultuelle.

Ecrit par Roger Madec dans : Communiqué de presse | Tags : , , , ,
07
Oct
2009
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Vers la privatisation de la citoyenneté

Le 28 septembre dernier, l’Assemblée Nationale adoptait la proposition de loi (ppl) de Jean-Claude CARLE.
Cette ppl, malgré le vote « pour » du groupe socialiste du Sénat le 14 octobre 2008, est une grave atteinte à la laïcité en France.
1959 marque la première pierre à un édifice qui tend à restreindre la laïcité en France en aménageant un même espace entre l’école publique et l’école privée cultuelle : l’éducation de la citoyenneté.

La loi DEBRE du 31 décembre 1959 ouvrait une brèche dans la concurrence public – privé en matière d’éducation. Depuis cette loi, les communes ont à leur charge les dépenses de fonctionnement des écoles privées, sous contrat avec l’État, implantées sur leur territoire.
Et cela n’a fait qu’empirer avec les années. En 1984, la Gauche, alors au pouvoir, n’a pas su prendre ses responsabilités. Effrayée par un million de manifestants pro catholiques, nous avons plié. Adieu le grand service public laïc de l’enseignement. Ces 25 ans de renoncements ont été glorifiés par l’amendement 89 (dit amendement CHARASSE) de la loi de 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. Cet amendement instaure l’obligation pour les communes de prendre en charge les frais de scolarité des enfants des écoles primaires privées sans aucune limite de plafond. Le principe de parité public – privé était acquis. Applaudissement du côté du Vatican.

Le 28 septembre 2009 ne marque pas un tournant dans l’histoire de la laïcité en France, mais un renoncement de la classe politique en général envers l’un des grands principes de notre société absent de nos frontons.
La loi CARLE est une affirmation de ces 40 dernières années. Elle entérine, sans médiatisation, le principe de parité. En effet, elle promeut dans le privé les mêmes règles existantes en vigueur dans le public. C’est-à-dire que si les parents ont le droit à des dérogations telles que la capacité d’accueil de leur commune, les obligations professionnelles, les raisons médicales ou si un frère ou une sœur est déjà scolarisé dans cette autre commune, la commune de résidence devra mettre la main au porte monnaie. De facto aucune différenciation n’est faite concernant le public et le privé.

Cette charge contre l’école de la République est idéologiquement défendue par le gouvernement qui souhaite amener l’école à sa privatisation. On se souvient d’Emmanuelle Mignon qui défendait la privatisation totale de l’enseignement. Aujourd’hui le gouvernement abandonne sa première mission de service public : accomplir des citoyens libres de tout dogme.

La laïcité, l’école, la citoyenneté sont loin d’être des priorités pour la Droite au pouvoir. L’État démantèle l’école publique. Quand la Droite crée 93 postes équivalent temps plein pour 3700 nouveaux élèves dans le privé, elle crée 160 postes équivalent temps plein pour 59 700 élèves dans le public.

Ce manque croissant d’encadrement amène l’indiscipline dans les établissements publics qui voient leurs effectifs fondre au bénéfice de l’école privée qui est plus sélective. On fait primer les « choix particularistes sur l’intérêt général ».

En faisant payer les collectivités aussi bien pour l’école de la République que pour l’école catholique, on transforme l’éducation en marchandise avec un avantage concurrentiel à l’école privée, soutenue par la majorité. L’élève d’aujourd’hui est un client comme un autre et la citoyenneté devient privatisée.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , , ,
14
Mai
2009
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Contre l’affaiblissement de l’enseignement républicain et laïque au profit de l’enseignement privé et confessionnel.

Le décret du 16 avril 2009 sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur entre la République française et le Saint-Siège, marque un grave affaiblissement de l’enseignement républicain et laïque.
En effet, cette reconnaissance ne vaut pas seulement pour les matières théologiques mais aussi profanes. Autrement dit, l’État reconnait le baccalauréat ou d’éventuels masters délivrés par le Vatican.

Le Gouvernement vient de casser le monopole de l’État sur la délivrance des diplômes qu’il a depuis 1880 et il renonce à l’esprit de l’article 2 de loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État qui stipule que la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

Le Gouvernement démantèle la carte scolaire, baisse les effectifs de professeurs dans le public et, dans le même temps, sur fonds publics, ouvre 50 classes privées catholiques dans les quartiers populaires. Aujourd’hui, il entérine la fin du diplôme d’État.
En conséquence, je demande au ministre de l’éducation nationale les garanties que la fermeture des IUFM et leur transfert dans les universités ne laisse pas apparaître des futurs enseignants de l’école républicaine formés par le Vatican.

Voir la question écrite.

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