06
jan
2010
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Les limites du principe de précaution

Roseline Bachelot devant le petit succès grippal de cet automne est bien obligée de prendre une décision qui s’apparente à un recul gouvernemental. Les critiques sont aussi nombreuses que le nombre de vaccins restant. Cependant derrière le coût qui s’élève à un milliard d’euros, peut-on être sûr que si nous avions été au gouvernement nous n’aurions pas réagit de la même façon ?

Qu’est-ce que Roseline Bachelot a réellement fait ? Elle a simplement appliqué le principe de précaution que nous brandissons comme un étendard dans un champ de bataille. De cet épisode, je retiendrai que le principe de précaution n’est pas synonyme de modération.

Les ministres de la santé connaissent bien les coups manqués des vingts dernières années. L’affaire du sang contaminé, scandale de la vache folle et les 15 000 morts de la canicule de 2003 sont autant d’épées de Damoclès au-dessus de leur tête.

Les 94 millions de doses que nous avions commandés, sont à comparer avec la communication qui fut tenue tambour battant ces derniers mois. Les communicants nous ont alarmé avec la crise, les gouvernants nous ont rassuré avec les bons de commande. Le gouvernement par l’intermédiaire de Roseline Bachelot a donc poussé le principe de précaution à son paroxysme afin d’éviter toute mauvaise contagion de la société. Car si nous étions sûr de l’existence de la grippe A, nous étions incertains de ces conséquences et de fait nous avons lutté contre l’incertitude.

Face à ce constat d’une gravité moindre que si il n’y avait eu aucune mesure de prise face à une maladie beaucoup plus létale, il est nécessaire d’ouvrir un grand débat sur la santé publique et sur les risques de pandémies ainsi la création d’une mission d’information parlementaire s’impose plus que jamais.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , ,
13
sept
2009
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La mauvaise grippe

On nous l’avait dit, la pandémie arriverait avec la rentrée de septembre. Roselyne Bachelot jubile. Après avoir raté sa prévention des risques naturels de 2003 lors de son passage au ministère de l’écologie, elle tente de réussir là où tant d’autres ont échoué, à embarquer la France dans un état de psychose pré-pandémique.

Fermeture des classes et écoles, paralysie des entreprises, des transports publics et fermeture des assemblées côtoient des projets plus sombres tels que la restriction de liberté publique ou encore la mise en place d’une justice d’exception. D’une crise sanitaire à un régime autoritaire.

94 millions de doses de vaccin commandées pour 1 milliard d’euros, vaccin dont les tests cliniques ne sont toujours pas achevés. En cause, les autorisations de mise sur le marché qui n’ont toujours pas été délivrées. Selon le ministère de la santé, la livraison est attendue pour octobre soit au même moment que le pic pandémique.

Aberration du calendrier puisqu’il faut deux semaines au vaccin injecté pour devenir efficace. Pas d’inquiétude, le gouvernement vient de mettre place un système préventif simplissime de bon sens. Se laver les mains. On regrettera que cette excellente idée arrive un peu tard alors que la grippe saisonnière tue 6000 personnes par an en France.

Depuis la crise sanitaire de 2003, le gouvernement ne prend plus de risque. Faut-il être accusé d’en avoir trop fait ou de n’en avoir pas assez fait ?
Si la prévention reste l’une des meilleures armes, mieux vaut prévenir que guérir, la mauvaise gestion de l’emballement médiatique nous entraine vers une paranoïa.

Cette appréhension généralisée gonfle de fait nos statistiques par le surplus de personnes qui, inquiétées, vont courir chez le médecin au premier coup de froid. Les 45 000 syndromes grippaux ne sont pas 45 000 cas de grippe A. On dénombre, aujourd’hui, 6 000 personnes potentiellement porteuses du H1N1. Cette surenchère médiatique et gouvernementale omet un peu vite que chaque année, c’est 500 000 personnes par semaine qui sont contaminées par la grippe saisonnière.

L’Amérique latine, où l’on recense les premiers foyers infectieux, sort de l’hiver. Nous avons donc aujourd’hui un léger recul. La grippe A a été très contagieuse et elle fut moins virulente que la grippe dite normale.

Pendant que nous trouvons des millions dans des caisses vides pour soigner l’occident, il nous est  impossible, de financer des aides afin d’améliorer la situation sanitaire dans le monde. 1 milliard d’euros pour des doses de vaccin qui ne serviront (peut-être) pas.
Combien d’euros pour les 200 000 enfants qui meurent chaque semaine de maladie dans le monde ? Enfants qui auraient pu être sauvés s’ils avaient eu un accès aux soins ou à des programmes de prévention.

La grippe A, c’est 11 personnes porteuses de pathologies lourdes qui sont décédées. Entre temps, le paludisme tue 1 million de personnes par an et le sida est considéré comme une pandémie globale depuis 2002

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : ,

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