Les limites du principe de précaution
Roseline Bachelot devant le petit succès grippal de cet automne est bien obligée de prendre une décision qui s’apparente à un recul gouvernemental. Les critiques sont aussi nombreuses que le nombre de vaccins restant. Cependant derrière le coût qui s’élève à un milliard d’euros, peut-on être sûr que si nous avions été au gouvernement nous n’aurions pas réagit de la même façon ?
Qu’est-ce que Roseline Bachelot a réellement fait ? Elle a simplement appliqué le principe de précaution que nous brandissons comme un étendard dans un champ de bataille. De cet épisode, je retiendrai que le principe de précaution n’est pas synonyme de modération.
Les ministres de la santé connaissent bien les coups manqués des vingts dernières années. L’affaire du sang contaminé, scandale de la vache folle et les 15 000 morts de la canicule de 2003 sont autant d’épées de Damoclès au-dessus de leur tête.
Les 94 millions de doses que nous avions commandés, sont à comparer avec la communication qui fut tenue tambour battant ces derniers mois. Les communicants nous ont alarmé avec la crise, les gouvernants nous ont rassuré avec les bons de commande. Le gouvernement par l’intermédiaire de Roseline Bachelot a donc poussé le principe de précaution à son paroxysme afin d’éviter toute mauvaise contagion de la société. Car si nous étions sûr de l’existence de la grippe A, nous étions incertains de ces conséquences et de fait nous avons lutté contre l’incertitude.
Face à ce constat d’une gravité moindre que si il n’y avait eu aucune mesure de prise face à une maladie beaucoup plus létale, il est nécessaire d’ouvrir un grand débat sur la santé publique et sur les risques de pandémies ainsi la création d’une mission d’information parlementaire s’impose plus que jamais.







