16
fév
2010
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Débat : La violence scolaire

La violence scolaire est un malaise, une crise qui mérite un peu plus qu’une journée de travail sur ce thème. Luc Chatel, en annonçant les états généraux démontre sa petite préoccupation et son incompétence en matière sociale sur cette problématique. A moins que la proximité des faits divers avec les élections régionales soit propice à enfler cet immonde discours sécuritaire.

Lutter contre la violence scolaire, comme le souhaite le gouvernement, c’est avant tout s’intéresser à l’école et aux phénomènes de violence à l’école. Que peut-on entendre sous ce terme si large de violence scolaire ? Le crêpage de chignons, le désordre en classe, l’insolence, le vol entre membre d’une même école, le racket, les bagarres à l’intérieur et à l’extérieur de l’enceinte scolaire, les insultes envers le camarade ou le professeur sans oublier les drames qui ont marqué ces dernières semaines. La localisation géographique de cette violence est une autre question qui se pose dans la recherche de cette définition. Jusqu’à quel abord de l’établissement la violence ne devient-elle plus scolaire ? Comment fait-on la différence entre de la violence scolaire et de la violence sociale ? Ici c’est bien l’idée d’une réflexion profonde qui doit être menée afin de véritablement s’interroger sur une problématique la plus précise possible. De quelle violence scolaire s’inquiète-t-on ?

A lire la presse et à regarder le 20 heures on s’aperçoit que cette violence est partout. Que tout le monde craint tout le monde. Craintes des parents pour leurs enfants et professeurs qui craignent pour eux-mêmes. Cette interaction de point de vue doit amener le gouvernement à comprendre les diverses violences de l’école et pourquoi elles sont apparues. Il s’agit d’ouvrir un vaste débat de société à l’image du débat sur l’identité nationale où l’on inviterait chercheurs, professeurs de collège et de lycée, parents et étudiants à venir témoigner sur ce malaise scolaire. Les écouter permettrait d’y voir un peu plus clair.

Les Chefs d’établissement veulent plus de moyens, les professeurs demandent le recrutement de surveillants pour les cours de recréation, les syndicats d’enseignants souhaitent plus de professeurs, les élèves indiquent qu’ils ont besoin de reconnaissance et les parents sacralisent cet espace qui ne doit pas être le reflet de la violence des quartiers. Depuis une semaine, il me suffit d’allumer la radio pour se rendre compte que ce débat existe, mais une fois de plus le gouvernement campe sur ses positions sécuritaires et fait la sourde d’oreille. La politique sécuritaire sert uniquement à masquer un problème sans y apporter de réponse juste. Luc Chatel se trompe de chantier en voulant faire du tout sécuritaire. La population scolaire lui demande simplement d’écouter, d’analyser et de proposer. En bref d’être un ministre au service de son administration.

01
déc
2009
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La banlieue doit être une grande cause nationale

La banlieue est l’endroit où il faut être quand on souhaite tenir un discours sécuritaire dur, où l’on promet un renforcement de la sécurité de ses habitants. On propose plus d’effectifs de police, on déclare une nouvelle loi contre le port de la cagoule et on s’engage à installer des caméras de vidéosurveillance.

Les effets d’annonces prononcés depuis des années masquent les problèmes majeurs que vivent les habitants des banlieues.

Le rapport 2009 de l’Observatoire national des Zones Urbaines Sensibles (ZUS) vient d’être rendu public. Il est accablant. En quelques chiffres, les « quartiers » ce sont :

  • 4,5 millions habitants en zones urbaines sensibles.
  • 33% de la population qui vit en-dessous du seuil de pauvreté.
  • 16,9 % de taux de chômage.
  • 66% des actifs de 25 ans qui n’ont pas de diplôme.
  • un revenu fiscal annuel moyen par unité de consommation de 11 751 euros soit une différence de 42% avec la moyenne nationale.

Pendant que l’État sabre les dépenses de fonctionnement en supprimant des postes d’enseignement, le rapport met en évidence que l’école est une bouffée d’air frais. Le taux de réussite au BEPC est en légère augmentation, ainsi que pour les résultats du Bac malgré des taux qui sont inférieurs aux taux de réussite des élèves scolarisés hors ZUS.

La banlieue est la fille oubliée de la France. La seule réponse valable pour l’État est le message sécuritaire.

Je fais parti de ceux qui prônent une réhabilitation forte de nos territoires délaissés où une population survit. Les échecs successifs des loi SRU, DALO et du plan banlieue de Fadela Amara montrent le désintérêt profond de la classe politique au gouvernement envers certains français.

On le sait, la solution à la problématique des banlieues passe par l’intégration qui elle-même suppose une intégration par l’Ecole de la République. Il faut renforcer les écoles dans les quartiers, ouvrir des postes d’enseignants afin de faire chuter les effectifs à moins de 15 par classe. Nous devons inventer une école ouverte sur les quartiers, surtout ne pas continuer avec une école coupée des quartiers, fermée sur elle-même.

L’Ecole de la République doit être en lien avec la réalité de la banlieue.

L’école doit remotiver, l’Ecole de la République doit être au centre de cette grande réhabilitation. Au même titre que les plans Cancer, la banlieue doit être une grande cause nationale.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , , ,
07
oct
2009
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Vers la privatisation de la citoyenneté

Le 28 septembre dernier, l’Assemblée Nationale adoptait la proposition de loi (ppl) de Jean-Claude CARLE.
Cette ppl, malgré le vote « pour » du groupe socialiste du Sénat le 14 octobre 2008, est une grave atteinte à la laïcité en France.
1959 marque la première pierre à un édifice qui tend à restreindre la laïcité en France en aménageant un même espace entre l’école publique et l’école privée cultuelle : l’éducation de la citoyenneté.

La loi DEBRE du 31 décembre 1959 ouvrait une brèche dans la concurrence public – privé en matière d’éducation. Depuis cette loi, les communes ont à leur charge les dépenses de fonctionnement des écoles privées, sous contrat avec l’État, implantées sur leur territoire.
Et cela n’a fait qu’empirer avec les années. En 1984, la Gauche, alors au pouvoir, n’a pas su prendre ses responsabilités. Effrayée par un million de manifestants pro catholiques, nous avons plié. Adieu le grand service public laïc de l’enseignement. Ces 25 ans de renoncements ont été glorifiés par l’amendement 89 (dit amendement CHARASSE) de la loi de 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. Cet amendement instaure l’obligation pour les communes de prendre en charge les frais de scolarité des enfants des écoles primaires privées sans aucune limite de plafond. Le principe de parité public – privé était acquis. Applaudissement du côté du Vatican.

Le 28 septembre 2009 ne marque pas un tournant dans l’histoire de la laïcité en France, mais un renoncement de la classe politique en général envers l’un des grands principes de notre société absent de nos frontons.
La loi CARLE est une affirmation de ces 40 dernières années. Elle entérine, sans médiatisation, le principe de parité. En effet, elle promeut dans le privé les mêmes règles existantes en vigueur dans le public. C’est-à-dire que si les parents ont le droit à des dérogations telles que la capacité d’accueil de leur commune, les obligations professionnelles, les raisons médicales ou si un frère ou une sœur est déjà scolarisé dans cette autre commune, la commune de résidence devra mettre la main au porte monnaie. De facto aucune différenciation n’est faite concernant le public et le privé.

Cette charge contre l’école de la République est idéologiquement défendue par le gouvernement qui souhaite amener l’école à sa privatisation. On se souvient d’Emmanuelle Mignon qui défendait la privatisation totale de l’enseignement. Aujourd’hui le gouvernement abandonne sa première mission de service public : accomplir des citoyens libres de tout dogme.

La laïcité, l’école, la citoyenneté sont loin d’être des priorités pour la Droite au pouvoir. L’État démantèle l’école publique. Quand la Droite crée 93 postes équivalent temps plein pour 3700 nouveaux élèves dans le privé, elle crée 160 postes équivalent temps plein pour 59 700 élèves dans le public.

Ce manque croissant d’encadrement amène l’indiscipline dans les établissements publics qui voient leurs effectifs fondre au bénéfice de l’école privée qui est plus sélective. On fait primer les « choix particularistes sur l’intérêt général ».

En faisant payer les collectivités aussi bien pour l’école de la République que pour l’école catholique, on transforme l’éducation en marchandise avec un avantage concurrentiel à l’école privée, soutenue par la majorité. L’élève d’aujourd’hui est un client comme un autre et la citoyenneté devient privatisée.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , , ,
21
sept
2009
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La journée de la Jupe

Six mois après la sortie du film de Jean-Paul Lilienfeld, voilà que le titre refait la Une des quotidiens. Cependant, il ne faut pas confondre le short d’Étampe et la jupe d’Isabelle Adjani. En effet, si le premier peut paraître comme une gentille provocation lycéenne face à l’autorité, le deuxième est un cri pour le respect des femmes.

C’est un autre problème qui est posé par cette singulière affaire. Il s’agit d’une situation récurrente dans l’école de la République : l’absence de concertation entre les différents acteurs qui font l’Ecole.

La sanction infligée par la direction de l’établissement scolaire à une jeune lycéenne est surement disproportionnée. Organiser une manifestation dans l’enceinte d’un lycée serait également condamnable qu’une insulte violente à l’égard d’un professeur. Cette réponse sévère est un aveu d’échec face à un geste de douce insubordination qui aurait sans doute pu être évité, à l’évidence moins médiatisé, supposé que le chef d’établissement ait pris la peine de réunir une table ronde en présence des élèves sur le thème « Qu’est ce qu’une tenue correcte à l’école en 2009 ».

L’école de la République arbore la plus noble des missions qui est la formation des citoyens, le lycée a d’autant plus cette responsabilité que les futurs bacheliers seront bientôt des étudiants majeurs et responsables.

Quelle leçon vont-ils tirer de cet exemple? Que l’État est autoritaire, qu’il décide sans discussion et que sa sanction est définitive.

Un travail de remédiation était sans doute à mettre en place avec en amont les familles et en aval les règlements : de cette manière, on peut expliquer la complémentarité des droits et des devoirs et le strict respect du règlement intérieur de l’établissement. Un cours d’éducation civique, en début d’année, aurait surement permis aux élèves de réfléchir sur les critères d’une présentation acceptable tout en éveillant davantage leur esprit critique.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , ,
14
mai
2009
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Contre l’affaiblissement de l’enseignement républicain et laïque au profit de l’enseignement privé et confessionnel.

Le décret du 16 avril 2009 sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur entre la République française et le Saint-Siège, marque un grave affaiblissement de l’enseignement républicain et laïque.
En effet, cette reconnaissance ne vaut pas seulement pour les matières théologiques mais aussi profanes. Autrement dit, l’État reconnait le baccalauréat ou d’éventuels masters délivrés par le Vatican.

Le Gouvernement vient de casser le monopole de l’État sur la délivrance des diplômes qu’il a depuis 1880 et il renonce à l’esprit de l’article 2 de loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État qui stipule que la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

Le Gouvernement démantèle la carte scolaire, baisse les effectifs de professeurs dans le public et, dans le même temps, sur fonds publics, ouvre 50 classes privées catholiques dans les quartiers populaires. Aujourd’hui, il entérine la fin du diplôme d’État.
En conséquence, je demande au ministre de l’éducation nationale les garanties que la fermeture des IUFM et leur transfert dans les universités ne laisse pas apparaître des futurs enseignants de l’école républicaine formés par le Vatican.

Voir la question écrite.

14
mai
2009
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Pour la réorganisation de certaines épreuves d’agrégation.

J’ai souhaité attirer l’attention du ministre de l’éducation nationale sur l’injustice dont ont été victimes certains candidats qui se présentaient au concours général de l’agrégation à Arcueil.

Le jeudi 6 avril, une panne sur le réseau des lignes B et D du RER a bloqué et retardé des dizaines de candidats.

Les organisateurs du centre d’examen ont été prévenus très tôt de la panne par la SNCF. Cependant, ils n’ont autorisé aucun retard alors que les étudiants se présentaient entre 9h01 et 9h15, avant l’ouverture des enveloppes contenant les sujets.
Devant la bonne foi des candidats recourant au Conseil d’État, j’ai demandé à titre exceptionnel la réorganisation des épreuves d’agrégation pour les candidats concernés.

Voir la question écrite.

Ecrit par Roger Madec dans : Mes interventions | Tags : , ,
12
fév
2009
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Pour la liberté de choix des enseignants-chercheurs.

La reforme d’un décret de 1984 sur le statut des enseignants est fortement contestée dans nos universités par un mouvement social inédit en particulier par son ampleur et sa durée. Cette réforme pourrait moduler le temps passé à la recherche et à l’enseignement.
Au fil d’une carrière, l’enseignant-chercheur peut s’investir soit dans la recherche soit dans l’enseignement. Cependant, le décret proposé soulève le problème de l’indépendance de ce choix. En effet, le texte confie des prérogatives inédites aux présidents d’université en matière de gestion individuelle des carrières, et de ce fait dépossède le conseil national des universités de tout rôle de gestion nationale des carrières des enseignants-chercheurs. Ce pouvoir inquiète grandement la communauté scientifique.
Mon intervention auprès de Madame la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, a pour objectif d’obtenir des garanties pour assurer l’indépendance des enseignants-chercheurs dans le déroulement de leur carrière scientifique.
Voir la question écrite.

Ecrit par Roger Madec dans : Mes interventions | Tags : , ,

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