21
Avr
2011
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Débat : La violence scolaire – suite

Le 16 février 2010, j’ai écris sur ce blog sur le thème de la violence scolaire, indiquant mon écœurement devant la demande de Luc Chatel à organiser une simple journée de travail pour un malaise aussi profond.

En complément de mes propos, j’avais déposé une question écrite au ministre de l’éducation nationale. Alors que celui-ci ne dispose que de 2 mois théoriques pour répondre aux questions des parlementaires, son cabinet daigne enfin de m’apporter un éclaircissement plus d’un an après le dépôt de la question écrite.

ci-dessous, le texte de ma question ainsi que la réponse du ministre.

Les malheureux incidents qui ont eu lieu en banlieue parisienne sont regrettables. La violence scolaire est un malaise, une crise qui touche notre société au cœur de la République. Le ministre de l’éducation nationale propose une réunion de travail d’une journée sur une problématique complexe. Les points de vue des différents acteurs concernés par cette question montrent la difficulté de trouver une réponse juste à cette problématique. Le Gouvernement supprime les postes d’enseignants, de CPE, de surveillants, de conseillers d’orientation psychologues, d’éducateurs spécialisés, d’assistantes sociales, d’infirmières. Les chefs d’établissement veulent plus de moyens; les professeurs demandent le recrutement de surveillants pour les cours de recréation; les syndicats d’enseignants souhaitent plus de professeurs; les élèves indiquent qu’ils ont besoin de reconnaissance et les parents sacralisent cet espace qui ne doit pas être le reflet de la violence des quartiers. Il ajoute que l’affichage de mesures spectaculaires et sécuritaires n’ont produit aucun résultat dans ces 10 dernières années. En conséquence, il lui demande de prendre ses responsabilités de ministre de l’éducation nationale afin de convoquer un véritable débat sociétal, à l’image du débat sur l’identité nationale, et ainsi de répondre à cette problématique.

Réponse de M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative
À publier le : 21/04/2011, page 1044
Texte de la réponse : La lutte contre la violence en milieu scolaire et la sécurisation des établissements scolaires constituent une priorité pour le ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative. À la suite des états généraux de la sécurité à l’école organisés par le ministre de l’éducation nationale, qui se sont déroulés les 7 et 8 avril 2010, et aux annonces du président de la République lors de son discours du 5 mai 2010, plusieurs mesures sont actuellement mises en oeuvre.

1. – Les professeurs sont soutenus dans l’exercice de l’autorité par une refonte des procédures disciplinaires et une formation renforcée. Les dispositions réglementaires relatives à « l’organisation des procédures disciplinaires dans les collèges, les lycées et les établissements régionaux d’enseignement adapté, mesures de prévention et alternatives aux sanctions » sont actuellement en cours d’achèvement. Il s’agit d’harmoniser, sur l’ensemble du territoire, les règles et les procédures disciplinaires en instituant en particulier un lien systématique entre les infractions les plus graves au règlement intérieur, telles les violences verbales ou physiques à l’égard des personnels de l’établissement, et la mise en oeuvre d’une procédure disciplinaire. Des alternatives aux sanctions sont également proposées par l’introduction des mesures d’utilité collective dans l’échelle des sanctions. Une charte rappellera aux élèves de collège les règles élémentaires de civilité et de comportement. La formation initiale, la formation pendant l’année de stage des professeurs en voie de recrutement et la formation continue intégreront des modules spécifiques consacrés à la gestion des conflits, à la prévention de la violence et à la tenue de classe. Un séminaire national intitulé : « Enseigner, se former : la tenue de classe » et destiné aux personnels d’inspection, de direction et aux responsables de formation, a été organisé en septembre 2010. Il est également créé un réseau national de référents académiques chargés de la mise en place, dès janvier 2011, en académie, de modules de formation sur la gestion de classe, comportant des approches théorique et pratique. Ce dispositif est complété par un plan de formation aux problématiques de la sécurité et à la gestion de crise, élaboré conjointement par l’Institut national des hautes études de sécurité et de justice (INHESJ) et l’École supérieure de l’éducation nationale (ESEN). Il permet de proposer, depuis janvier 2010, des modules spécifiques de formation aux personnels d’encadrement de l’éducation nationale, afin de leur donner les moyens d’élaborer et de mettre en oeuvre des stratégies de gestion des situations conflictuelles et de tension.

2. – Des actions ciblées sont engagées depuis la rentrée 2010 dans les 105 établissements concentrant le plus de difficultés en matière de climat scolaire et de violence, dans le cadre d’un nouveau programme baptisé CLAIR (collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite). Ce programme se caractérise par trois innovations majeures : dans le champ de la pédagogie avec un large recours aux expérimentations dans les cinq domaines précisés par la loi n° 2005-380 du 23 avril 2005 d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école ; dans le champ de la vie scolaire grâce à un projet pédagogique et éducatif porté par tous les personnels, avec notamment la désignation d’un préfet des études ; dans le champ des ressources humaines afin de stabiliser les équipes d’établissement, en développant les postes à profil et en favorisant l’évolution des carrières. La circulaire n° 2010-096 du 7 juillet 2010 détaille l’ensemble du dispositif. Ce programme fera l’objet d’une extension à la rentrée 2011.

3. – Enfin, pour les élèves particulièrement perturbateurs de treize à seize ans, faisant notamment l’objet de multiples exclusions, une scolarité aménagée est proposée dans le cadre des établissements de réinsertion scolaire (ERS). Une vingtaine d’établissements de réinsertion scolaire (ERS) seront progressivement mis en place au cours de l’année 2010-2011, dont onze à ce jour (cf. circulaire n° 2010-090 du 29 juin 2010). Ils proposent à des collégiens perturbateurs une scolarisation aménagée, le plus souvent au sein d’internats scolaires spécifiques, afin de les réinsérer dans un parcours de formation générale, technologique ou professionnelle. Ces ERS visent à la fois à favoriser la maîtrise du socle commun de connaissances et de compétences, à faire prendre conscience aux jeunes de l’importance du respect des règles de la vie sociale et scolaire et à permettre une démarche de réinvestissement dans les apprentissages.

Ecrit par Roger Madec dans : Le Sénat | Tags : , , ,
10
Juin
2010
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Communiqué de presse : Etablissement scolaire Ourcq A

Je dénonce avec la plus grande vigueur les pistes envisagées par le gouvernement consistant à pourvoir un professeur des écoles stagiaires (PES) à OURCQ A, situé 105 bis rue de l’Ourcq dans le 19ème arrondissement de Paris.

Cette école, disposant de 14 classes ZEP, dont une CLIS1 et une CLIN doit être un établissement prioritaire et en aucun cas un établissement laboratoire.

Le gouvernement en assumant le choix de remplacer les postes supprimés par des maîtres stagiaires, nuit gravement aux performances globales du système éducatif. Luc Chatel ministre de l’éducation nationale par la voix de l’inspecteur d’académie de Paris, confirme que la réussite des élèves dans les établissements dits difficiles n’est pas une priorité.

Je reste très attaché à la formation initiale dispensée avant la prise de fonction dans le cadre des IUFM, qui est une étape indispensable à l’apprentissage du métier d’enseignant.

En conséquence, je demande au gouvernement de renoncer à sa politique d’affectation des PES à l’année dans toutes les écoles de la République et particulièrement dans l’établissement Ourcq A.

13
Avr
2010
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Débat : La violence scolaire (suite)

A l’annonce d’une ouverture prochaine des états généraux de la violence à l’école j’avais, sur ce blog, exprimé ma méfiance vis-à-vis de ce débat organisé peu avant les élections régionales. (lire le premier article)

Les états généraux se sont donc clos le 8 avril dernier par un discours sans avancées majeures. Je retiendrai dans cet exercice que le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, a essayé sans y arriver de faire une synthèse reprenant certaines remarques des chercheurs présents tout en évitant de ne pas sortir du discours, facile, sécuritaire mais terriblement efficace.

Le problème de la violence scolaire tel que l’entends est une violence scolaire médiatisée, une violence scolaire dure et une violence scolaire inégale sur le territoire. La violence scolaire est différente qu’elle ait lieu à Sarcelles ou en Ardèche*. Je m’intéresserai ici à la violence scolaire qui nous inquiète, la violence scolaire de Sarcelles, de Clichy, du Kremlin-Bicêtre, la violence scolaire des quartiers défavorisés.

Le lycée n’est peut être pas la cause de tous ces maux, de toute cette violence, mais il est le théâtre de la représentation de la violence de notre société. Nous avons su construire des « quartiers-tours » pour répondre à l’augmentation démographique de la France et nous avons su construire des lycées pour former les enfants vivant dans ces quartiers. En 40 ans, ces constructions déshumanisant l’habitant se sont ghettoïsées, les quartiers de nos cités radieuses se sont considérablement appauvris. Les banlieues oubliées des projets de revalorisation sont devenues socialement violentes et le lycée carrefour entre les différentes cités a perdu son rôle central d’enseignement, transformé en terrain de jeu pour nos enfants en rupture.

Plusieurs pistes de solutions sont à étudier. A court terme, il faut repenser la méthode d’enseignement en transformant le cours magistral en cours participatif où l’élève découvre par lui même. L’expérimentation doit être la base dans toutes les matières et non seulement dans les TD de chimie ou de physique. Un deuxième point qui me semble important est le « turn over » des professeurs dans ces lycées. Cette non stabilisation du corps enseignant dans ces établissements nuit fortement à l’image du lycée. Comment donner aux élèves le sentiment qu’ils comptent si le professeur une fois arrivé dans l’établissement demande une mutation ? Enfin pour éviter les intrusions extérieures, il faut réfléchir à comment « sanctuariser » l’établissement sans pour autant qu’il ne devienne une prison.

A long terme, c’est tout l’aménagement de ces quartiers qu’il faut repenser. C’est oser des grands chantiers de reconstruction. Reconstruire des logements ne dépassant pas les 3-4 étages, développer les espaces ouverts, éviter le béton et le bitume, redonner envie aux gens d’y vivre et aux autres de venir s’y installer afin de favoriser la mixité sociale.

Les états généraux sur la violence à l’école, étaient donc, à l’habitude du gouvernement, un coup médiatique. Le gouvernement veut faire croire qu’il se préoccupe réellement des problèmes de violences à l’école, et surtout de rappeler que la seule réponse est la répression. En regardant de plus près, nous pouvons nous rendre compte rapidement que la répression trouve ses limites dans le cadre social où vivent les enfants. Voici donc une piste de plus abandonnée par le gouvernement UMP, un projet de travail dont nous devons nous saisir, un projet de Gauche, un projet pour un changement.

*Lycée LE CHEYLARD en Ardèche fut classé deuxième lycée France dans l’Express (2009)

16
Fév
2010
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Débat : La violence scolaire

La violence scolaire est un malaise, une crise qui mérite un peu plus qu’une journée de travail sur ce thème. Luc Chatel, en annonçant les états généraux démontre sa petite préoccupation et son incompétence en matière sociale sur cette problématique. A moins que la proximité des faits divers avec les élections régionales soit propice à enfler cet immonde discours sécuritaire.

Lutter contre la violence scolaire, comme le souhaite le gouvernement, c’est avant tout s’intéresser à l’école et aux phénomènes de violence à l’école. Que peut-on entendre sous ce terme si large de violence scolaire ? Le crêpage de chignons, le désordre en classe, l’insolence, le vol entre membre d’une même école, le racket, les bagarres à l’intérieur et à l’extérieur de l’enceinte scolaire, les insultes envers le camarade ou le professeur sans oublier les drames qui ont marqué ces dernières semaines. La localisation géographique de cette violence est une autre question qui se pose dans la recherche de cette définition. Jusqu’à quel abord de l’établissement la violence ne devient-elle plus scolaire ? Comment fait-on la différence entre de la violence scolaire et de la violence sociale ? Ici c’est bien l’idée d’une réflexion profonde qui doit être menée afin de véritablement s’interroger sur une problématique la plus précise possible. De quelle violence scolaire s’inquiète-t-on ?

A lire la presse et à regarder le 20 heures on s’aperçoit que cette violence est partout. Que tout le monde craint tout le monde. Craintes des parents pour leurs enfants et professeurs qui craignent pour eux-mêmes. Cette interaction de point de vue doit amener le gouvernement à comprendre les diverses violences de l’école et pourquoi elles sont apparues. Il s’agit d’ouvrir un vaste débat de société à l’image du débat sur l’identité nationale où l’on inviterait chercheurs, professeurs de collège et de lycée, parents et étudiants à venir témoigner sur ce malaise scolaire. Les écouter permettrait d’y voir un peu plus clair.

Les Chefs d’établissement veulent plus de moyens, les professeurs demandent le recrutement de surveillants pour les cours de recréation, les syndicats d’enseignants souhaitent plus de professeurs, les élèves indiquent qu’ils ont besoin de reconnaissance et les parents sacralisent cet espace qui ne doit pas être le reflet de la violence des quartiers. Depuis une semaine, il me suffit d’allumer la radio pour se rendre compte que ce débat existe, mais une fois de plus le gouvernement campe sur ses positions sécuritaires et fait la sourde d’oreille. La politique sécuritaire sert uniquement à masquer un problème sans y apporter de réponse juste. Luc Chatel se trompe de chantier en voulant faire du tout sécuritaire. La population scolaire lui demande simplement d’écouter, d’analyser et de proposer. En bref d’être un ministre au service de son administration.

01
Déc
2009
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La banlieue doit être une grande cause nationale

La banlieue est l’endroit où il faut être quand on souhaite tenir un discours sécuritaire dur, où l’on promet un renforcement de la sécurité de ses habitants. On propose plus d’effectifs de police, on déclare une nouvelle loi contre le port de la cagoule et on s’engage à installer des caméras de vidéosurveillance.

Les effets d’annonces prononcés depuis des années masquent les problèmes majeurs que vivent les habitants des banlieues.

Le rapport 2009 de l’Observatoire national des Zones Urbaines Sensibles (ZUS) vient d’être rendu public. Il est accablant. En quelques chiffres, les « quartiers » ce sont :

  • 4,5 millions habitants en zones urbaines sensibles.
  • 33% de la population qui vit en-dessous du seuil de pauvreté.
  • 16,9 % de taux de chômage.
  • 66% des actifs de 25 ans qui n’ont pas de diplôme.
  • un revenu fiscal annuel moyen par unité de consommation de 11 751 euros soit une différence de 42% avec la moyenne nationale.

Pendant que l’État sabre les dépenses de fonctionnement en supprimant des postes d’enseignement, le rapport met en évidence que l’école est une bouffée d’air frais. Le taux de réussite au BEPC est en légère augmentation, ainsi que pour les résultats du Bac malgré des taux qui sont inférieurs aux taux de réussite des élèves scolarisés hors ZUS.

La banlieue est la fille oubliée de la France. La seule réponse valable pour l’État est le message sécuritaire.

Je fais parti de ceux qui prônent une réhabilitation forte de nos territoires délaissés où une population survit. Les échecs successifs des loi SRU, DALO et du plan banlieue de Fadela Amara montrent le désintérêt profond de la classe politique au gouvernement envers certains français.

On le sait, la solution à la problématique des banlieues passe par l’intégration qui elle-même suppose une intégration par l’Ecole de la République. Il faut renforcer les écoles dans les quartiers, ouvrir des postes d’enseignants afin de faire chuter les effectifs à moins de 15 par classe. Nous devons inventer une école ouverte sur les quartiers, surtout ne pas continuer avec une école coupée des quartiers, fermée sur elle-même.

L’Ecole de la République doit être en lien avec la réalité de la banlieue.

L’école doit remotiver, l’Ecole de la République doit être au centre de cette grande réhabilitation. Au même titre que les plans Cancer, la banlieue doit être une grande cause nationale.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , , ,
07
Oct
2009
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Vers la privatisation de la citoyenneté

Le 28 septembre dernier, l’Assemblée Nationale adoptait la proposition de loi (ppl) de Jean-Claude CARLE.
Cette ppl, malgré le vote « pour » du groupe socialiste du Sénat le 14 octobre 2008, est une grave atteinte à la laïcité en France.
1959 marque la première pierre à un édifice qui tend à restreindre la laïcité en France en aménageant un même espace entre l’école publique et l’école privée cultuelle : l’éducation de la citoyenneté.

La loi DEBRE du 31 décembre 1959 ouvrait une brèche dans la concurrence public – privé en matière d’éducation. Depuis cette loi, les communes ont à leur charge les dépenses de fonctionnement des écoles privées, sous contrat avec l’État, implantées sur leur territoire.
Et cela n’a fait qu’empirer avec les années. En 1984, la Gauche, alors au pouvoir, n’a pas su prendre ses responsabilités. Effrayée par un million de manifestants pro catholiques, nous avons plié. Adieu le grand service public laïc de l’enseignement. Ces 25 ans de renoncements ont été glorifiés par l’amendement 89 (dit amendement CHARASSE) de la loi de 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. Cet amendement instaure l’obligation pour les communes de prendre en charge les frais de scolarité des enfants des écoles primaires privées sans aucune limite de plafond. Le principe de parité public – privé était acquis. Applaudissement du côté du Vatican.

Le 28 septembre 2009 ne marque pas un tournant dans l’histoire de la laïcité en France, mais un renoncement de la classe politique en général envers l’un des grands principes de notre société absent de nos frontons.
La loi CARLE est une affirmation de ces 40 dernières années. Elle entérine, sans médiatisation, le principe de parité. En effet, elle promeut dans le privé les mêmes règles existantes en vigueur dans le public. C’est-à-dire que si les parents ont le droit à des dérogations telles que la capacité d’accueil de leur commune, les obligations professionnelles, les raisons médicales ou si un frère ou une sœur est déjà scolarisé dans cette autre commune, la commune de résidence devra mettre la main au porte monnaie. De facto aucune différenciation n’est faite concernant le public et le privé.

Cette charge contre l’école de la République est idéologiquement défendue par le gouvernement qui souhaite amener l’école à sa privatisation. On se souvient d’Emmanuelle Mignon qui défendait la privatisation totale de l’enseignement. Aujourd’hui le gouvernement abandonne sa première mission de service public : accomplir des citoyens libres de tout dogme.

La laïcité, l’école, la citoyenneté sont loin d’être des priorités pour la Droite au pouvoir. L’État démantèle l’école publique. Quand la Droite crée 93 postes équivalent temps plein pour 3700 nouveaux élèves dans le privé, elle crée 160 postes équivalent temps plein pour 59 700 élèves dans le public.

Ce manque croissant d’encadrement amène l’indiscipline dans les établissements publics qui voient leurs effectifs fondre au bénéfice de l’école privée qui est plus sélective. On fait primer les « choix particularistes sur l’intérêt général ».

En faisant payer les collectivités aussi bien pour l’école de la République que pour l’école catholique, on transforme l’éducation en marchandise avec un avantage concurrentiel à l’école privée, soutenue par la majorité. L’élève d’aujourd’hui est un client comme un autre et la citoyenneté devient privatisée.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , , ,
21
Sep
2009
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La journée de la Jupe

Six mois après la sortie du film de Jean-Paul Lilienfeld, voilà que le titre refait la Une des quotidiens. Cependant, il ne faut pas confondre le short d’Étampe et la jupe d’Isabelle Adjani. En effet, si le premier peut paraître comme une gentille provocation lycéenne face à l’autorité, le deuxième est un cri pour le respect des femmes.

C’est un autre problème qui est posé par cette singulière affaire. Il s’agit d’une situation récurrente dans l’école de la République : l’absence de concertation entre les différents acteurs qui font l’Ecole.

La sanction infligée par la direction de l’établissement scolaire à une jeune lycéenne est surement disproportionnée. Organiser une manifestation dans l’enceinte d’un lycée serait également condamnable qu’une insulte violente à l’égard d’un professeur. Cette réponse sévère est un aveu d’échec face à un geste de douce insubordination qui aurait sans doute pu être évité, à l’évidence moins médiatisé, supposé que le chef d’établissement ait pris la peine de réunir une table ronde en présence des élèves sur le thème « Qu’est ce qu’une tenue correcte à l’école en 2009 ».

L’école de la République arbore la plus noble des missions qui est la formation des citoyens, le lycée a d’autant plus cette responsabilité que les futurs bacheliers seront bientôt des étudiants majeurs et responsables.

Quelle leçon vont-ils tirer de cet exemple? Que l’État est autoritaire, qu’il décide sans discussion et que sa sanction est définitive.

Un travail de remédiation était sans doute à mettre en place avec en amont les familles et en aval les règlements : de cette manière, on peut expliquer la complémentarité des droits et des devoirs et le strict respect du règlement intérieur de l’établissement. Un cours d’éducation civique, en début d’année, aurait surement permis aux élèves de réfléchir sur les critères d’une présentation acceptable tout en éveillant davantage leur esprit critique.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , ,
14
Mai
2009
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Contre l’affaiblissement de l’enseignement républicain et laïque au profit de l’enseignement privé et confessionnel.

Le décret du 16 avril 2009 sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur entre la République française et le Saint-Siège, marque un grave affaiblissement de l’enseignement républicain et laïque.
En effet, cette reconnaissance ne vaut pas seulement pour les matières théologiques mais aussi profanes. Autrement dit, l’État reconnait le baccalauréat ou d’éventuels masters délivrés par le Vatican.

Le Gouvernement vient de casser le monopole de l’État sur la délivrance des diplômes qu’il a depuis 1880 et il renonce à l’esprit de l’article 2 de loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État qui stipule que la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

Le Gouvernement démantèle la carte scolaire, baisse les effectifs de professeurs dans le public et, dans le même temps, sur fonds publics, ouvre 50 classes privées catholiques dans les quartiers populaires. Aujourd’hui, il entérine la fin du diplôme d’État.
En conséquence, je demande au ministre de l’éducation nationale les garanties que la fermeture des IUFM et leur transfert dans les universités ne laisse pas apparaître des futurs enseignants de l’école républicaine formés par le Vatican.

Voir la question écrite.

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