Villiers-Le-Bel, malaise du verdict.
La violence, quelle qu’elle soit, est inexcusable. Elle l’est d’autant plus quand elle est dirigée contre des policiers représentant l’État.
Mais pour autant, la justice doit-elle être expéditive ? Que nous soyions citoyens de Villiers-le-Bel ou citoyens du 16ème arrondissement de Paris, nous avons tous le droit à la même justice. Une justice équitable.
Les condamnations qui répondent à l’envie de justice des forces de l’ordre sont-elles compréhensibles ? La démocratie républicaine refuse le non respect d’une décision de justice, mais elle admet le droit à sa compréhension.
A l’issu du procès de Pontoise, cinq hommes ont été condamnés à des peines allant de 15 ans à 3 ans de prison. La difficulté de l’esprit à appréhender le jugement vient du malaise ressenti à l’annonce d’un verdict qui me semble disproportionné. Disproportionné, car s’ils sont reconnus coupables d’un acte aussi abjecte que celui de tirer sur des fonctionnaires de police, la peine doit être sévère. Cependant, nous savons que la majorité de ces émeutiers qui ont osé s’en prendre à la police n’ont jamais été inquiétés. Les condamnés de Villiers-le-Bel sont les bouc émissaires de se désir de justice.
La justice réclame des coupables. Elle les a eu. Mais à quel prix, avec quelle arduité, à la limite de ses belles valeurs. La délation est contraire au témoignage. La délation, c’est le témoignage anonyme qui entrouvre les portes de la suspicion, de l’interrogation et du doute. Était-il vraiment là ? Que lui a-t-on promis en échange de ses mots ? C’est donc sur cette base de doute que la justice a été rendue. Une justice qui s’éloigne de l’exemplarité, une justice des banlieues bien loin de ses idéaux.






