Nous avons deux ans pour travailler
Dans un premier temps, il est d’usage de savourer sa victoire électorale. Congratulons nos Présidents de régions qui se sont faits élire dimanche dernier. Les bons scores sont à écouter avec attention, surtout pour notre famille politique qui en ressort consolidée après notre grande déception des élections européennes de 2009.
Gardons la tête froide, si les résultats nous ont confirmé à la présidence des régions, nous avons le devoir de nous inquiéter du taux d’abstention trop élevé. Il s’agit d’une rupture entre le peuple et ses représentants. La méconnaissance du scrutin, la méconnaissance des compétences régionales sont des premiers points qui peuvent expliquer une partie de cette abstention. Cependant il y a un désintérêt grandissant de la politique en France. Le taux d’abstention chez les jeunes, 71%, est un signal d’alarme assourdissant que nous ne devons pas ignorer. Un taux de chômage élevé, des études longues peu payantes, la précarité de certains contrats de travail, les stages non rémunérés à leur juste valeur, les périodes d’essai à n’en plus finir, ont nourri le décrochage politique de cette jeunesse.
Inquiétant tout autant de voir le pourcentage d’abstentionniste chez les ouvriers et chez les employés respectivement de 69% et de 64%. L’éloignement de l’homo politicus de plus en plus coupé des réalités sociales, les promesses de campagne que l’on pourrait qualifier de mensonges de campagne, les effets d’annonces, la transformation du message politique en slogan publicitaire et les faveurs accordées à une même classe sociale ont eu raison de leur choix. L’ homo politicus local et plus encore l’ homo politicus national est perçu telle une nouvelle noblesse accrochée à ses privilèges.
L’heure est au travail, nous ne pouvons pas nous reposer sur cette victoire, nous ne pouvons pas nous laisser bercer par ce suffrage et ainsi nous endormir. Une échéance électorale en cachant une autre, l’heure du repos n’est pas arrivée. Les chantiers sont grands et difficiles. Utilisons ce tremplin, cet élan pour réveiller nos plus belles valeurs socialistes.
Nous avons deux ans pour travailler à un programme reflet des attentes de la société, un programme qui laisse une place importante à la justice sociale.
Nous avons deux ans pour dessiner une orientation politique crédible, une orientation à l’écoute de nos partenaires, une orientation novatrice prête à de grandes reformes nécessaires.
Nous avons deux ans pour proposer le meilleur candidat à la présidentielle, candidat qui incarnera notre programme et nos orientations.






