10
juin
2010
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Communiqué de presse : Etablissement scolaire Ourcq A

Je dénonce avec la plus grande vigueur les pistes envisagées par le gouvernement consistant à pourvoir un professeur des écoles stagiaires (PES) à OURCQ A, situé 105 bis rue de l’Ourcq dans le 19ème arrondissement de Paris.

Cette école, disposant de 14 classes ZEP, dont une CLIS1 et une CLIN doit être un établissement prioritaire et en aucun cas un établissement laboratoire.

Le gouvernement en assumant le choix de remplacer les postes supprimés par des maîtres stagiaires, nuit gravement aux performances globales du système éducatif. Luc Chatel ministre de l’éducation nationale par la voix de l’inspecteur d’académie de Paris, confirme que la réussite des élèves dans les établissements dits difficiles n’est pas une priorité.

Je reste très attaché à la formation initiale dispensée avant la prise de fonction dans le cadre des IUFM, qui est une étape indispensable à l’apprentissage du métier d’enseignant.

En conséquence, je demande au gouvernement de renoncer à sa politique d’affectation des PES à l’année dans toutes les écoles de la République et particulièrement dans l’établissement Ourcq A.

07
oct
2009
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Vers la privatisation de la citoyenneté

Le 28 septembre dernier, l’Assemblée Nationale adoptait la proposition de loi (ppl) de Jean-Claude CARLE.
Cette ppl, malgré le vote « pour » du groupe socialiste du Sénat le 14 octobre 2008, est une grave atteinte à la laïcité en France.
1959 marque la première pierre à un édifice qui tend à restreindre la laïcité en France en aménageant un même espace entre l’école publique et l’école privée cultuelle : l’éducation de la citoyenneté.

La loi DEBRE du 31 décembre 1959 ouvrait une brèche dans la concurrence public – privé en matière d’éducation. Depuis cette loi, les communes ont à leur charge les dépenses de fonctionnement des écoles privées, sous contrat avec l’État, implantées sur leur territoire.
Et cela n’a fait qu’empirer avec les années. En 1984, la Gauche, alors au pouvoir, n’a pas su prendre ses responsabilités. Effrayée par un million de manifestants pro catholiques, nous avons plié. Adieu le grand service public laïc de l’enseignement. Ces 25 ans de renoncements ont été glorifiés par l’amendement 89 (dit amendement CHARASSE) de la loi de 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. Cet amendement instaure l’obligation pour les communes de prendre en charge les frais de scolarité des enfants des écoles primaires privées sans aucune limite de plafond. Le principe de parité public – privé était acquis. Applaudissement du côté du Vatican.

Le 28 septembre 2009 ne marque pas un tournant dans l’histoire de la laïcité en France, mais un renoncement de la classe politique en général envers l’un des grands principes de notre société absent de nos frontons.
La loi CARLE est une affirmation de ces 40 dernières années. Elle entérine, sans médiatisation, le principe de parité. En effet, elle promeut dans le privé les mêmes règles existantes en vigueur dans le public. C’est-à-dire que si les parents ont le droit à des dérogations telles que la capacité d’accueil de leur commune, les obligations professionnelles, les raisons médicales ou si un frère ou une sœur est déjà scolarisé dans cette autre commune, la commune de résidence devra mettre la main au porte monnaie. De facto aucune différenciation n’est faite concernant le public et le privé.

Cette charge contre l’école de la République est idéologiquement défendue par le gouvernement qui souhaite amener l’école à sa privatisation. On se souvient d’Emmanuelle Mignon qui défendait la privatisation totale de l’enseignement. Aujourd’hui le gouvernement abandonne sa première mission de service public : accomplir des citoyens libres de tout dogme.

La laïcité, l’école, la citoyenneté sont loin d’être des priorités pour la Droite au pouvoir. L’État démantèle l’école publique. Quand la Droite crée 93 postes équivalent temps plein pour 3700 nouveaux élèves dans le privé, elle crée 160 postes équivalent temps plein pour 59 700 élèves dans le public.

Ce manque croissant d’encadrement amène l’indiscipline dans les établissements publics qui voient leurs effectifs fondre au bénéfice de l’école privée qui est plus sélective. On fait primer les « choix particularistes sur l’intérêt général ».

En faisant payer les collectivités aussi bien pour l’école de la République que pour l’école catholique, on transforme l’éducation en marchandise avec un avantage concurrentiel à l’école privée, soutenue par la majorité. L’élève d’aujourd’hui est un client comme un autre et la citoyenneté devient privatisée.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , , ,
21
sept
2009
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La journée de la Jupe

Six mois après la sortie du film de Jean-Paul Lilienfeld, voilà que le titre refait la Une des quotidiens. Cependant, il ne faut pas confondre le short d’Étampe et la jupe d’Isabelle Adjani. En effet, si le premier peut paraître comme une gentille provocation lycéenne face à l’autorité, le deuxième est un cri pour le respect des femmes.

C’est un autre problème qui est posé par cette singulière affaire. Il s’agit d’une situation récurrente dans l’école de la République : l’absence de concertation entre les différents acteurs qui font l’Ecole.

La sanction infligée par la direction de l’établissement scolaire à une jeune lycéenne est surement disproportionnée. Organiser une manifestation dans l’enceinte d’un lycée serait également condamnable qu’une insulte violente à l’égard d’un professeur. Cette réponse sévère est un aveu d’échec face à un geste de douce insubordination qui aurait sans doute pu être évité, à l’évidence moins médiatisé, supposé que le chef d’établissement ait pris la peine de réunir une table ronde en présence des élèves sur le thème « Qu’est ce qu’une tenue correcte à l’école en 2009 ».

L’école de la République arbore la plus noble des missions qui est la formation des citoyens, le lycée a d’autant plus cette responsabilité que les futurs bacheliers seront bientôt des étudiants majeurs et responsables.

Quelle leçon vont-ils tirer de cet exemple? Que l’État est autoritaire, qu’il décide sans discussion et que sa sanction est définitive.

Un travail de remédiation était sans doute à mettre en place avec en amont les familles et en aval les règlements : de cette manière, on peut expliquer la complémentarité des droits et des devoirs et le strict respect du règlement intérieur de l’établissement. Un cours d’éducation civique, en début d’année, aurait surement permis aux élèves de réfléchir sur les critères d’une présentation acceptable tout en éveillant davantage leur esprit critique.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , ,

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