Afghanistan : proposer un plan Marshall
Les morts qui se succèdent dans nos rangs sur le théâtre afghan, 10 ans après le début de la guerre, nous obligent à repenser notre implication militaire et stratégique.
L’issue du conflit qui nous semblait victorieuse il y a quelques années, se solde en une défaite ou une demi-victoire. En effet, le constat est sévère à l’encontre de la coalition et du Président Hamid Karzaï. L’Afghanistan reste toujours gangrené par une instabilité violente et une corruption étouffante.
La première mission qui fut donnée dans la lutte conte les terroristes est sans aucun doute une victoire pour le reste du monde. Les foyers du terrorisme se sont développés dans d’autre pays abandonnant les contres forts de Ben Laden. Aujourd’hui, ces foyers se retrouvent plus aisément en Afrique du nord, Asie ou encore en Europe.
Cependant, la seconde mission est un échec, une défaite militaire, stratégique et diplomatique cuisante. Nous sommes incapables de recréer des conditions de stabilité nécessaire afin de permettre aux peuples afghans de vivre en paix. Cet échec n’est pas dû uniquement à des erreurs stratégiques, des mauvaises analyses du terrain et d’une population inacceuillante. L’erreur est d’avoir fait excessivement confiance aux autorités en place. Toujours appuyées sur notre fusil, elles n’ont jamais réellement fait l’effort d’engager le combat contre l’instabilité.
Il est temps de quitter l’Afghanistan. Ils ne s’agit pas d’un abandon, nous devons trouver d’autres solutions à l’unique solution armée. Il est temps de mettre en place de véritables partenariats universitaires avec des pays développés afin de former la jeunesse afghane, des partenariats économiques pour dynamiser l’investissement et la croissance et sociales pour que vivre en Afghanistan soit perçu comme une chance et non comme un fardeau, un joug désespérant.
Il nous faudra trouver le courage dans les mois à venir de proposer un plan Marshall mondial pour que la fatalité d’être pauvre cesse d’empoisonner ce pays.
L’opération militaire en Afghanistan lancée au lendemain de l’attentat du 11 septembre 2001 s’enfonce dans le bourbier tant redouté. La coalition court à l’échec. Un changement de stratégie s’impose de fait.





