L’opération militaire en Afghanistan lancée au lendemain de l’attentat du 11 septembre 2001 s’enfonce dans le bourbier tant redouté. La coalition court à l’échec. Un changement de stratégie s’impose de fait.
Nos longues années passées sur le territoire afghan à essayer de débusquer, éliminer les talibans et les terroristes furent conduites au détriment de la population locale. Nous n’avons pas su nous rendre indispensable dans leur protection ni face à la poussée des insurgés extrémistes ni contre les dommages collatéraux meurtriers de nos propres actions.
Nous ne pouvons pas quitter aussi simplement l’Afghanistan. Nous ne devons pas abandonner un peuple à des groupuscules moyenâgeux. Nous devons rester sur place afin de prévenir l’accroissement de la puissance talibane dans cette région. Il faut éviter que cette poudrière retombe dans les mains de sombres chefs de guerre. Une fuite des forces engagées amènerait à une grave instabilité dans le Pakistan voisin. Pays qui possède le feu nucléaire.
Il faut revenir aux principes de la stratégie contre-insurrectionnelle. Cette stratégie en place en Irak depuis peu commence à porter ses fruits. Au commandement de la force internationale de l’OTAN en Afghanistan (ISAF) de l’installer.
Notre mission doit être de montrer au peuple afghan que nous comprenons leurs langues, leurs coutumes et leur riche culture. Nous devons former des forces de police et militaire locales aptes à s’autodéfendre contre les insurgés. Nous devons travailler avec eux en synergie et complémentarité afin de n’être plus perçus comme des agresseurs. Notre responsabilité est de nous rapprocher des grandes villes afin de protéger les économies et les gouvernances.
La France, présente avec 3000 soldats sur le terrain des opérations afghan, a un rôle fort à jouer qui doit être déterminé par le parlement afin de clarifier notre stratégie pour définir quelles seront les objectifs de notre intervention.