07
fév
2011

Une justice présumée coupable.

L’affaire de Pornic permet, une fois de plus, de lever le voile sur les maux qui touchent notre justice dont le principal préjudice est la RGPP qui démantèle services publics après services publics.

Les manques de moyens soulevés par les syndicats de la magistrature ou de la police ne sont pas une incurie nouvelle. La France a l’un des budgets judiciaires les plus faibles d’Europe. Il s’agit d’un problème récurent. L’affaire de Pornic relève plus de l’irresponsabilité de l’État que d’un laxisme de notre justice. Avec 60 000 détenus et des peines prononcées toujours plus lourdes, on ne peut pas dire que notre justice soit laxiste.

Nicolas Sarkozy essaye de renvoyer ses fautes vers la justice, passe d’arme facile qui joue sur l’émotion des victimes. Mais personne n’est dupe. La solution populiste, un fait divers, une loi, ne font plus recette. Nous avons voté en cinq ans quatre lois sur la récidive, alors que chacun sait que la prévention de la récidive ne sera jamais garantie d’un risque zéro.

La justice garantit l’équilibre de la démocratie, le gouvernement est aujourd’hui en train de l’asphyxier pour qu’elle se taise derrière la démagogie habituelle.

Je remarque, enfin, la fin de l’expression de présomption d’innocence remplacée dans le vocabulaire du Président de la République et de ses faucons par la formule « présumé coupable », pourtant, contraire à l’article 9 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Ainsi, j’apporte mon soutien au service pénitentiaire d’insertion et de probation de Loire-Atlantique et du tribunal de grande instance de Nantes.

Ecrit par Roger Madec dans : Communiqué de presse, Réciproque |

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