03
mai
2012

« Moi, président de la République» 

Cette fin campagne houleuse fut, à son apogée, marquée par « Ledébatdelentredeuxtour ». Débat au combien sacralisé depuis 1974. Analysés, compressés, étudiés, ils n’ont jamais fait une élection mais ils ont participé grandement à faire un Président.

C’est donc avec interrogation et excitation que 20 millions de Français ont regardé ce duel où les mots remplacent les épées. Ce match, qu’un temps certains voulurent multiplier, autorisait aux deux seuls gagnants du premier tour, peut-être comparé avec toutes les finales de coupes du monde où deux hommes représentent deux équipes, deux camps qui s’affrontent durement dans un combat démocratique. Dans chaque foyer la lumière cathodique a maintenu éveillé pendant prés de trois heures des familles qui ont prêté l’oreille à leur prochain Président.

De la sueur, parfois du sang et quelques rares coups bas ont marqué cette cérémonie. Deux candidats face à face, d’égale attention, celle de présider la France, mais de différentes statures. L’un était Président tandis que l’autre s’effaçait derrière le candidat.

En proférant, le 1er mai, le mot tribu tout en osant se confronter à l’image de Victor Hugo et De Maupassant, Nicolas Sarkozy cimentait son épouvantable glissement à droite. Ainsi, son axe d’attaque fut l’immigration, l’immigration et encore l’immigration. Piège que François Hollande su éviter tellement la ficelle était grosse.

Cet homme, gourmand de 3 débats, Président sortant, liquidateur des valeurs de notre République, fut cantonné hier soir à l’unique besogne de commenter et de féliciter son bilan, ne pouvant pas se raccrocher à un projet puisque celui-ci n’existe pas.

François Hollande décrié et attaqué par une droite dans les cartons à donc avec sagesse pu se présenter comme un chef, un Président. Il a démontré clairement les avancées de son projet, il a appuyé sa stature de chef d’État et il a levé les derniers doutes sur sa capacité à être un interlocuteur international de grande envergure. Ne pouvant échapper à son bilan et à la réalité économique du Pays, Nicolas Sarkozy retranché derrière la longue table n’a jamais admis son échec et encore moins son style présidentiel de chef d’un parti, d’un clan de richissimes industriels à l’antichtone de la fonction de Président de la République.

Le « KO » technique du candidat Sarkozy a exposé à ceux qui hésitaient encore, que le changement est avec François Hollande, a attesté qu’après cinq ans de mandats les idées ont disparu. Seul subsiste cette course effrénée, cette vénerie monarchique aux voix du FN, avançant des thèses de plus en plus nauséabondes.

Nicolas Sarkozy souhaitait que ce débat soit un moment de vérité, il le fut en avérant ce que les sondages photographient chaque jour : François Hollande a la stature du prochain Président de la République.

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