Lettre ouverte à Jean-Pierre Chevènement
Cher Jean-Pierre,
Aujourd’hui, 10 mai 2011, est la date anniversaire de notre accession au pouvoir.
De cette victoire, les français se souviendront longtemps des acquis sociaux gagnés sur le patronat et qui ont été délibérément démontés et cassés ces dernières années.
De cette victoire, tu en étais l’un des rouages du moteur qui permis à François Mitterrand d’être élu en ce soir de printemps 1981.
Dès 1972, au congrès d’Epinay, et surtout au congrès de Metz en 1979, ton soutien sans faille pour François Mitterrand t’as amené à rédiger le programme du changement pour la France.
La France est à la veille d’un changement de son histoire. Après dix ans d’un capitalisme effréné, nous proposons aux français une alternative crédible basée sur la justice sociale, solidaire, économique et sécuritaire.
Tu es d’une génération qui a marqué le paysage politique national durant près de quarante ans. Homme des congrès et de gouvernements, ton parcours de militant au service de tes valeurs et de ton pays ont participé à te forger une stature d’homme d’État tant recherchée et convoitée par certain.
Ton bilan souvent pris en exemple, ta droiture dans tes convictions, tes résultats électoraux te donnent une dimension digne et sans écart.
Dix ans après notre défaite en 2002, tu annonces ta volonté de porter avec énergie une dernière candidature à l’élection présidentielle. Cette candidature de témoignage me remémore une gauche démobilisée, séparée, dispersée qui avait abouti à ce 21 avril que je redoute une nouvelle fois.
Je constate que le combat idéologique imprime d’une ancre sombre cette campagne qui s’annonce particulièrement difficile. Et il y aura en 2012, avec le président sortant, des discussions idéologiques houleuses sur des thèmes tels que l’immigration, le territoire national, l’Europe ou encore l’espace Schengen. Tous ces thèmes devront naturellement être étudiés. Et nous devrons trouver un axe commun de réponses afin d’y apporter un éclairage humaniste aux problématiques soulevées. Notre parole s’unira d’une seule voix à la fin du processus de désignation de notre candidat ou candidate.
A ce moment, toute la gauche républicaine et démocrate devra s’entraider afin de porter nos aspirations jusqu’au grand soir, jusqu’à la place de la Bastille.
Ainsi, je souhaite poser une question au militant mitterrandien que tu es.
Penses-tu opportun de déposer une candidature à l’élection présidentielle, alors que tu es toujours le bienvenu dans ta famille, qui j’en suis sur saura reprendre tes idées afin d’y enrichir son programme ?
Bien à toi,
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