13
sept
2009

La mauvaise grippe

On nous l’avait dit, la pandémie arriverait avec la rentrée de septembre. Roselyne Bachelot jubile. Après avoir raté sa prévention des risques naturels de 2003 lors de son passage au ministère de l’écologie, elle tente de réussir là où tant d’autres ont échoué, à embarquer la France dans un état de psychose pré-pandémique.

Fermeture des classes et écoles, paralysie des entreprises, des transports publics et fermeture des assemblées côtoient des projets plus sombres tels que la restriction de liberté publique ou encore la mise en place d’une justice d’exception. D’une crise sanitaire à un régime autoritaire.

94 millions de doses de vaccin commandées pour 1 milliard d’euros, vaccin dont les tests cliniques ne sont toujours pas achevés. En cause, les autorisations de mise sur le marché qui n’ont toujours pas été délivrées. Selon le ministère de la santé, la livraison est attendue pour octobre soit au même moment que le pic pandémique.

Aberration du calendrier puisqu’il faut deux semaines au vaccin injecté pour devenir efficace. Pas d’inquiétude, le gouvernement vient de mettre place un système préventif simplissime de bon sens. Se laver les mains. On regrettera que cette excellente idée arrive un peu tard alors que la grippe saisonnière tue 6000 personnes par an en France.

Depuis la crise sanitaire de 2003, le gouvernement ne prend plus de risque. Faut-il être accusé d’en avoir trop fait ou de n’en avoir pas assez fait ?
Si la prévention reste l’une des meilleures armes, mieux vaut prévenir que guérir, la mauvaise gestion de l’emballement médiatique nous entraine vers une paranoïa.

Cette appréhension généralisée gonfle de fait nos statistiques par le surplus de personnes qui, inquiétées, vont courir chez le médecin au premier coup de froid. Les 45 000 syndromes grippaux ne sont pas 45 000 cas de grippe A. On dénombre, aujourd’hui, 6 000 personnes potentiellement porteuses du H1N1. Cette surenchère médiatique et gouvernementale omet un peu vite que chaque année, c’est 500 000 personnes par semaine qui sont contaminées par la grippe saisonnière.

L’Amérique latine, où l’on recense les premiers foyers infectieux, sort de l’hiver. Nous avons donc aujourd’hui un léger recul. La grippe A a été très contagieuse et elle fut moins virulente que la grippe dite normale.

Pendant que nous trouvons des millions dans des caisses vides pour soigner l’occident, il nous est  impossible, de financer des aides afin d’améliorer la situation sanitaire dans le monde. 1 milliard d’euros pour des doses de vaccin qui ne serviront (peut-être) pas.
Combien d’euros pour les 200 000 enfants qui meurent chaque semaine de maladie dans le monde ? Enfants qui auraient pu être sauvés s’ils avaient eu un accès aux soins ou à des programmes de prévention.

La grippe A, c’est 11 personnes porteuses de pathologies lourdes qui sont décédées. Entre temps, le paludisme tue 1 million de personnes par an et le sida est considéré comme une pandémie globale depuis 2002

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : ,

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