La journée de la Jupe
Six mois après la sortie du film de Jean-Paul Lilienfeld, voilà que le titre refait la Une des quotidiens. Cependant, il ne faut pas confondre le short d’Étampe et la jupe d’Isabelle Adjani. En effet, si le premier peut paraître comme une gentille provocation lycéenne face à l’autorité, le deuxième est un cri pour le respect des femmes.
C’est un autre problème qui est posé par cette singulière affaire. Il s’agit d’une situation récurrente dans l’école de la République : l’absence de concertation entre les différents acteurs qui font l’Ecole.
La sanction infligée par la direction de l’établissement scolaire à une jeune lycéenne est surement disproportionnée. Organiser une manifestation dans l’enceinte d’un lycée serait également condamnable qu’une insulte violente à l’égard d’un professeur. Cette réponse sévère est un aveu d’échec face à un geste de douce insubordination qui aurait sans doute pu être évité, à l’évidence moins médiatisé, supposé que le chef d’établissement ait pris la peine de réunir une table ronde en présence des élèves sur le thème « Qu’est ce qu’une tenue correcte à l’école en 2009 ».
L’école de la République arbore la plus noble des missions qui est la formation des citoyens, le lycée a d’autant plus cette responsabilité que les futurs bacheliers seront bientôt des étudiants majeurs et responsables.
Quelle leçon vont-ils tirer de cet exemple? Que l’État est autoritaire, qu’il décide sans discussion et que sa sanction est définitive.
Un travail de remédiation était sans doute à mettre en place avec en amont les familles et en aval les règlements : de cette manière, on peut expliquer la complémentarité des droits et des devoirs et le strict respect du règlement intérieur de l’établissement. Un cours d’éducation civique, en début d’année, aurait surement permis aux élèves de réfléchir sur les critères d’une présentation acceptable tout en éveillant davantage leur esprit critique.
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