01
déc
2009

La banlieue doit être une grande cause nationale

La banlieue est l’endroit où il faut être quand on souhaite tenir un discours sécuritaire dur, où l’on promet un renforcement de la sécurité de ses habitants. On propose plus d’effectifs de police, on déclare une nouvelle loi contre le port de la cagoule et on s’engage à installer des caméras de vidéosurveillance.

Les effets d’annonces prononcés depuis des années masquent les problèmes majeurs que vivent les habitants des banlieues.

Le rapport 2009 de l’Observatoire national des Zones Urbaines Sensibles (ZUS) vient d’être rendu public. Il est accablant. En quelques chiffres, les « quartiers » ce sont :

  • 4,5 millions habitants en zones urbaines sensibles.
  • 33% de la population qui vit en-dessous du seuil de pauvreté.
  • 16,9 % de taux de chômage.
  • 66% des actifs de 25 ans qui n’ont pas de diplôme.
  • un revenu fiscal annuel moyen par unité de consommation de 11 751 euros soit une différence de 42% avec la moyenne nationale.

Pendant que l’État sabre les dépenses de fonctionnement en supprimant des postes d’enseignement, le rapport met en évidence que l’école est une bouffée d’air frais. Le taux de réussite au BEPC est en légère augmentation, ainsi que pour les résultats du Bac malgré des taux qui sont inférieurs aux taux de réussite des élèves scolarisés hors ZUS.

La banlieue est la fille oubliée de la France. La seule réponse valable pour l’État est le message sécuritaire.

Je fais parti de ceux qui prônent une réhabilitation forte de nos territoires délaissés où une population survit. Les échecs successifs des loi SRU, DALO et du plan banlieue de Fadela Amara montrent le désintérêt profond de la classe politique au gouvernement envers certains français.

On le sait, la solution à la problématique des banlieues passe par l’intégration qui elle-même suppose une intégration par l’Ecole de la République. Il faut renforcer les écoles dans les quartiers, ouvrir des postes d’enseignants afin de faire chuter les effectifs à moins de 15 par classe. Nous devons inventer une école ouverte sur les quartiers, surtout ne pas continuer avec une école coupée des quartiers, fermée sur elle-même.

L’Ecole de la République doit être en lien avec la réalité de la banlieue.

L’école doit remotiver, l’Ecole de la République doit être au centre de cette grande réhabilitation. Au même titre que les plans Cancer, la banlieue doit être une grande cause nationale.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , , ,

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