15
nov
2010

Il y aurait donc eu un remaniement ce weekend ?

Une « révolution », aux dires de Christine Lagarde ce matin sur France Info. « Une révolution » ouverte sur « le professionnalisme des ministres » qui sont restés. Un antagonisme avec le manque de professionnalisme des ministres sortants.

Pourtant à en juger par le nouveau premier ministre, il est difficile de croire en ce lundi matin de novembre qu’il s’agisse d’un bouleversement, d’un remaniement tel que l’on nous le tenait en haleine depuis déjà 9 mois. 9 mois de gestations et d’effets d’annonces plus tard, la France se réveille avec un gouvernement repositionné au cœur de l’UMP.

Dans ce vaudeville présidentiel commence le troisième et dernier acte du quinquennat. Il s’agit d’une partie importante pour l’année et demie qui nous sépare de l’élection présidentielle. On nous révèle l’intrigue facile marquée sous le sceau de l’hyper-présidence et de l’occupation médiatique.

Lever de rideau !
Fin de l’ouverture et du débauchage qui n’étaient en réalité que des farces afin de désorienter le Centre et de désordonner le PS. On le savait, le Président Sarkozy nous le confirme.

L’identité nationale avait été ressortie comme le symbole de la droite décomplexée en 2007. Un ministère qui mélangeait immigration et identité nationale avait été créé pour siphonner le FN et emmener le PS sur des prises de postions dangereuses et nauséabondes. On le savait, le Président Sarkozy nous le confirme.

Il en est de même pour l’écologie qui malgré la nomination de NKM perd le volet Énergie. Là encore le Président Sarkozy nous confirme que s’il défend Kyoto et Copenhague devant les caméras du monde pour se garantir une image verte, enfin de compte, il rend à Bercy ce qui appartient à Bercy !

Quant à la politique sociale…a-t-elle seulement été envisagée ?

C’est donc l’apparence qui change, le terme de remaniement n’est pas vraiment approprié on n’est plus proche du « reconditionnement » qu’autre chose. Car il n’y a aucun changement dans ce gouvernement qui court puiser dans ces réserves un Alain Juppé, un Patrick Ollier ou encore un Henri de Raincourt…On est loin du nouveau souffle tant annoncé.

L’UMP brise sa chrysalide dont renaît un RPR imago prêt à gouverner seul, prêt à lancer le processus de campagne électorale. Nicolas Sarkozy en renommant François Fillon à son poste de premier ministre le re-confirme dans son rôle de premier collaborateur que doit être un directeur de campagne autour duquel s’est formé ce weekend une garde rapprochée. Le message annoncé par ce nouvel ordre gouvernemental n’est pas un message d’apaisement pour les français mais bien la déclaration d’ouverture des campagnes électorales majeures à venir.

Pour finir, on notera que la parité n’était pas la priorité dans les tractations de ce dimanche puisque l’on compte uniquement 11 femmes pour 31 postes et que malgré ce gouvernement convenu, une bonne nouvelle en la nomination de Frédéric Lefebvre au secrétariat d’Etat auprès de la ministre de l’économie, ce qui l’obligera à se taire.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , , , ,

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