Euthanasie, pour en finir avec l’hypocrisie active.
Dans l’affaire du bon docteur Bonnemaison, il s’agit avant toute réflexion de sortir de la tempête émotionnelle qui nous envahit de tristesse. Nous avons tous connu la mort plus où moins de près avec l’accompagnement d’un proche en fin de vie. Nous connaissons cette douleur de l’instant final, où l’au revoir reflète l’adieu.
Des soins palliatifs à la décision de ne plus soigner une personne dont le médecin sait qu’elle est irrémédiablement condamnée, l’euthanasie passive est une pratique largement répandue dans le monde médical. Quant à l’euthanasie active, considérée par notre code pénal comme un assassinat, elle agite uniquement des dramatiques cacophonies médicinales qui révèlent encore et toujours l’hypocrisie de la loi Léonetti. Une loi qui d’un revers d’article balaye tout débat sur l’euthanasie active.
Le débat est donc relancé. Je suis favorable à une révision de la loi afin que l’euthanasie active soit autorisée et strictement encadrée en France. Car, si je considère que le législateur n’a pas le monopole de la compassion, le malade doit avoir la possibilité extrême de choisir de mourir avec l’aide d’un personnel médical dument formé.
Plus que l’avis des familles et le cadre d’une loi, c’est la parole du souffrant qui doit être prise en compte, écoutée, tout au long du stade terminal de la vie. Ainsi, les Français semblent être encore une fois en avance sur les femmes et les hommes politiques qui les gouvernement. Les sondages attestent que le peuple est prêt à un grand débat sur cette difficile question. Et, sans ce débat national attendu, ouvert, franc et sincère, nous allons au devant de beaucoup d’autres Dr Bonnemaison et de madame Humbert.
L’hypocrisie active dans notre pays doit être abandonnée au profit du débat, et j’ose espérer que la gauche et nos candidats sauront se saisir de ce sujet afin de l’aborder franchement et sans détour.
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