La coupe du monde ou du moins l’équipe de France font une fois de plus la Une de la presse ce matin. Les quotidiens nationaux et régionaux ont trouvé le fil rouge en ce début d’été. Fil rouge qui une fois de plus place la politique et les affaires de l’État au second plan.
J’espère que le psychodrame prenne fin aujourd’hui soit dans la défaite soit dans la victoire. Il est plus que temps de revenir à une information de première ordre. Arrêt Sur Image dans son article du 21 juin dernier faisait cette analyse sur l’emblématique JT de TF1. 30 minutes sur les bleus contre 3 minutes sur l’Affaire Bettencourt-Woerth. Entre temps, les retraites sont oubliées et le « Karachigate » passe à la trappe ainsi que les sujets sur le Kirghizistan.
On interview les ministres sur la débâcle bleue leur évitant de se justifier sur leur train de vie patricien. Éclipser derrière l’anesthésiant nuage coupe du monde, l’Affaire Bettencourt-Woerth est diluée. Le comportement des membres du gouvernement qui mélangent ce qui relève de l’argent public et de leur intérêt privé cesse de nous étonner. Chaque mercredi donne lieu à une révélation sur la conduite scandaleuse des ministres de notre République.
Eric Woerth, le monsieur retraite serait donc lui aussi en conflit d’intérêt. En effet sa femme est salariée d’un cabinet en stratégie d’évasion fiscale. On se souvient du journal de 20h où Eric Woerth ministre du budget interpellait les fraudeurs – « J’ai les noms » – et leur promettait une sévérité exemplaire s’ils ne revenaient pas payer leurs impôts en France.
Eric Woerth ne paraît pas avoir été inquiété par les enregistrements illégaux divulgués. Nous sommes uniquement au stade des préliminaires, la phase où le ministre responsable démissionne de sa fonction pour prouver son intégrité, pour préparer sa défense et surtout pour protéger l’État de toute profanation par l’intérêt privé. Bien sûr, nous sommes en droit d’en attendre le même comportement pour monsieur Joyandet et son vol de 116 000 euros et de monsieur Blanc fumeur de havane.
La controverse Anelka Evra Domenech profite donc aux membres compromis de ce gouvernement. Monsieur Woerth en tant que parlementaire je vous demande de répondre sincèrement aux questions qui vous ont été posées par le Parti Socialiste et dont la réponse est légitime pour le peuple français.
N’y a-t-il pas un conflit d’intérêt entre la mission qui est celle de son épouse et le rôle qui est le vôtre comme ministre, par ailleurs trésorier de l’UMP ?
Eric WOERTH d’une manière ou d’une autre a-t-il croisé, rencontré les conseillers de madame BETTENCOURT et a-t-il partagé avec eux un certain nombre d’informations ?
Eric WOERTH ou François BAROIN, peuvent-ils confirmer si oui ou non, madame BETTENCOURT est bien propriétaire de l’île d’Arros aux Seychelles ?
La cellule Tracfin et le ministère des Finances, ont-ils été saisis d’informations sur des transactions financières suspectes en terme de transferts de comptes de madame BETTENCOURT, de la Suisse vers Singapour, ou vers tout autre paradis fiscaux qui auraient justifié des soupçons sur le fait qu’une partie des impôts dus par madame BETTENCOURT, au regard de ses revenus, auraient pu être soustraits au budget de l’État ? Si ce rapport existe, monsieur WOERTH a-t-il été mis au courant ?
Enfin, quel est le montant exact des chèques versés par madame BETTENCOURT à l’UMP ? A quel candidat ? A quelle date ? Et, à l’occasion du financement de quelle campagne ?
Voilà les questions qui sont posées à monsieur WOERTH, au gouvernement et aussi au président de la République et sur lesquelles, nous souhaiterions, nous, avoir des réponses précises et claires.