17
jan
2011

Tunisie : La Révolution du Jasmin

On imagine, aisément, l’émotion vive, mélange de joie et de bonheur, qui traverse actuellement le peuple tunisien au lendemain d’un weekend historique pour leur pays.

Les journées qui suivent une révolution sont toujours instables. Elles sont marquées par la violence des milices restées fidèles au dictateur déchut. Les milices recherchent la terreur. Ces désordres sont les soubresauts du cadavre chaud de l’ancien régime politique.

Ce soulèvement populaire a permis, de son sang, d’ouvrir la voie de l’espoir démocratique. Cette voie reste, cependant, à être construite. Les étapes nécessaires seront longues mais elles permettent de présager un avenir commun, un avenir ensemble pour les tunisiens.

Cet espoir démocratique, ne doit pas nous faire oublier que pour l’instant, les successeurs de Ben Ali, Mohamed Ghannouchi et Foued Mebazaa, restent des proches du dictateur. La Tunisie se réveille après 30 ans de despotisme où les libertés fondamentales n’existaient pas. Pas de liberté d’expression, pas de liberté de réunion, pas de liberté d’association.

Le paysage électoral est, aujourd’hui, vide. Les partis inexistant sous Ben Ali sont à organiser. Ils devront, ainsi, bâtir leur programme qui sera connu de tous les tunisiens.

Cette élaboration de partis ne recommande pas d’être fait dans la précipitation de la Révolution du Jasmin. Mais elle recommande de se faire pendant la phase de transition démocratique.
Cette phase appartient aux tunisiens, son rôle étant de faire émerger un gouvernement d’union national apolitique qui doit s’exécuter autour d’uniques missions : la gestion des affaires courantes et l’organisation de nouvelles élections.

Je souhaite que la Tunisie opte pour une assemblée constituante. Une assemblée constituante a la force nécessaire d’édifier une nouvelle constitution répondant aux attentes du peuple tunisien et ainsi, d’ancrer les libertés fondamentales et les réformes institutionnelles dans la démocratie moderne.

Ecrit par Roger Madec dans : Communiqué de presse |

2 commentaires »

  • Cosette Nehabetyan

    Je trouve formidable ton article Roger, quand une personne, en plus que j’apprécie beaucoup, traduit mes idées aussi clairement et d’un façon construit, je me sens réconfortée et du coup un peu intelligente. Justement j’ai des grands inquiétudes, car tout s’est passé trop vite et il me semble que rien a été construit à l’avance stratégiquement. On sait déjà depuis long temps la nature du pouvoir politique Tunisienne, et soudain tout bascule en laissant des grands vides ; pourvu que ce mouvement populaire si pure ne soit pas récupérer. Il sera une terrible perte car il est un très bon exemple pour beaucoup de pays dite démocratique ; donc, il faut laisser le temps au temps. Merci pour cet article en tout cas.

    Commentaire | 18 janvier 2011
  • khaled

    Le terme révolution du Jasmin n’est pas accepté par la population. Je vous dis cela car mes amis sur les réseaux sociaux , le disent.
    Ce terme marketing ne reflète aucunement la réalité. Il s’agit de la révolution des hommes libres.
    le jasmin évoque la douceur de vivre, or il y’ a eu une répression terrible qui a fait des morts, beaucoup trop de mort pour un mouvement pacifique depuis son départ. Rendez vous compte que des snipers tiraient sur des civiles !
    Bouazzizi ne s’est pas fait explosé pour tuer ses tortionnaires, mais s’est immolé par le feu pour que son corps brule autant que son âme. Les Tunisiens n’ont pas accepté cette tragédie. Et ont dis STOP à Ben Ali, tu as dépassé la ligne rouge. Dégage !
    Pour répondre à votre admiratrice, je lui dirais que Le peuple Tunisien semble instruit de toute l’histoire du monde.
    Après la révolution, l’évolution ! Doucement, intelligament et nous sommes tous vigilent.

    Commentaire | 20 janvier 2011

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