La démocratie c’est accepter que l’autre gagne
Les révolutions arabes qui ont débuté l’hiver dernier, auront fait chuter trois dictateurs. Nous pouvons nous en féliciter.
Le dernier en date est le Colonel Khadafi qui à l’image d’un Mussolini, fut lynché par une foule en liesse de part sa capture. Nous aurions tous préféré une arrestation pacifique qui aurait dû amener le Colonel déchu devant une court capable de le juger. Mais dans son délire de tyran il a refusé toute main tendue de l’occident ou des ses voisins arabes préférant affronter son funeste destin.
Depuis ledit printemps, les régimes tyranniques sont fragilisés un peu plus par le vent incessant de liberté. Le Maroc éclaire, le despote yéménite Ali Abdallah Saleh signe des accords et Bachar el-Assad n’arrive pas à mater son peuple qui ne désarme pas.
La Tunisie a pour la premier fois voté librement et à la surprise des occidentaux, c’est un parti religieux, aux idées mal connues et perçues, qui sort victorieux des urnes. Nous avons tendance à oublier le déroulé d’une révolution. Une révolution est un apprentissage démocratique qui ne se fait pas en un seul jour. La révolution Française a mis plus d’un siècle pour accouché de la République et de la Démocratie. Les révolutions arabes ne se transformeront pas en un idéal démocratique d’ici à la fin de la semaine. Il faut laisser chaque peuple prendre conscience du rythme qu’il souhaite établir afin d’approcher cet idéal de démocratie.
Aujourd’hui, les islamistes modérés semblent avoir le champ libre pour s’imposer. Mais ils ne sont pas les seuls à bénéficier de cette liberté gagnée par le sang et les armes.
Ainsi, la Tunisie a voté démocratiquement et notre scepticisme déjà trahit notre peur de l’Islam. Horreur, la Tunisie bascule dans l’islam radical crieront les populistes, alors qu’ils oublient de saluer la massive participation des premiers pas de l’enfant démocratique.
La victoire d’El Nahdha ne c’est pas faite sur un programme, mais sur sa capacité à s’organiser et sur sa proximité avec le nouveau corps électoral à la différence des partis qui rassemblaient les élites de la Gauche. Le parti El Nahdha ne légiférera pas seul car le mode de répartition des sièges se fera à la proportionnelle excluant un parti de devenir majoritaire. Ainsi, c’est une constituante aux couleurs politiques différentes qui a été légitimée par le vote de ce weekend. Elle doit maintenant se mettre en marche afin d’émettre rapidement des signaux forts répondant à l’exigence de liberté et d’égalité de tout le peuple tunisien et à apaiser le pyrrhonisme de la communauté internationale. Pour que la révolution fonctionne, la constituante devra faire de la Tunisie un État de droit garantissant à l’ensemble de ces citoyens les libertés fondamentales.






