25
fév
2010
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Quick, la restauration et la religion

Le dépôt d’une plainte pour discrimination contre une enseigne Quick dans le nord de la France ne trouve pas de justification à mes yeux.

Les restaurants proposant une cuisine exclusivement halal existent depuis longtemps. L’annuaire de Paris regorge de « fast food » servant uniquement des produits halals. Personne jusqu’à présent ne s’en est offusqué. Il a donc suffit qu’une grande chaîne de restauration rapide propose seulement des hamburgers halals pour que le politique s’engouffre dans ce débat religo-gastronomique. En outre les 8 restaurants proposant ces menus ont simplement remplacé le bacon par de la dinde fumée. La viande de bœuf quant à elle étant issue d’un abattoir réglementaire.

Cette polémique est pour moi l’une des séquelles du débat sur l’identité nationale, pas tout à fait en rémission, qui donne raison à tous ceux qui y voyaient une stigmatisation d’une partie de la population française.

Quick ne fait que répondre à une demande par une offre dans le seul but de faire des bénéfices. N’allons pas imaginer que cette chaine de « junk food » a choisi ce type d’alimentation afin de réparer une injustice religieuse. Il s’agit uniquement d’économie de marché.

Dans le cas où nous voudrions réglementer la liberté d’entreprendre dans la restauration afin d’indiquer ce qui peut ou ne pas être inscrit sur la totalité de la carte, il ne faudrait pas oublier les autres religions.

Avons-nous des levers de boucliers contre les restaurants indiens dont les cartes ne proposent jamais de viande de bœuf proscrite dans le religion hindouiste ? Avons-nous ce même débat envers les restaurants cashers ? Et que doit-on penser des cantines qui dans la grande majorité ne servent que du poisson le vendredi, fort d’un héritage catholique ?

J’ajoute que le code pénal est clair sur la définition de la discrimination au nom de laquelle une plainte a été déposée. L’article 225-1 du code pénal ne semble pas être applicable dans la vente par un restaurant de viande halal. En effet, les restaurants proposant une alimentation différente de notre culture suivant des préceptes religieux ne font pas de discrimination, puisque toute personne suivant leur appartenance ou non à une religion déterminée ont le droit de venir y manger.

Attention toutefois à l’effet boomerang, dans le sens où la jurisprudence donnerait raison à l’argument de discrimination. Je vous laisse le soin de concocter les prochains menus qui devront laisser une place sur la carte à des plats religieux afin que les restaurants ne se retrouvent pas discriminant envers une religion.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , ,
16
fév
2010
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Débat : La violence scolaire

La violence scolaire est un malaise, une crise qui mérite un peu plus qu’une journée de travail sur ce thème. Luc Chatel, en annonçant les états généraux démontre sa petite préoccupation et son incompétence en matière sociale sur cette problématique. A moins que la proximité des faits divers avec les élections régionales soit propice à enfler cet immonde discours sécuritaire.

Lutter contre la violence scolaire, comme le souhaite le gouvernement, c’est avant tout s’intéresser à l’école et aux phénomènes de violence à l’école. Que peut-on entendre sous ce terme si large de violence scolaire ? Le crêpage de chignons, le désordre en classe, l’insolence, le vol entre membre d’une même école, le racket, les bagarres à l’intérieur et à l’extérieur de l’enceinte scolaire, les insultes envers le camarade ou le professeur sans oublier les drames qui ont marqué ces dernières semaines. La localisation géographique de cette violence est une autre question qui se pose dans la recherche de cette définition. Jusqu’à quel abord de l’établissement la violence ne devient-elle plus scolaire ? Comment fait-on la différence entre de la violence scolaire et de la violence sociale ? Ici c’est bien l’idée d’une réflexion profonde qui doit être menée afin de véritablement s’interroger sur une problématique la plus précise possible. De quelle violence scolaire s’inquiète-t-on ?

A lire la presse et à regarder le 20 heures on s’aperçoit que cette violence est partout. Que tout le monde craint tout le monde. Craintes des parents pour leurs enfants et professeurs qui craignent pour eux-mêmes. Cette interaction de point de vue doit amener le gouvernement à comprendre les diverses violences de l’école et pourquoi elles sont apparues. Il s’agit d’ouvrir un vaste débat de société à l’image du débat sur l’identité nationale où l’on inviterait chercheurs, professeurs de collège et de lycée, parents et étudiants à venir témoigner sur ce malaise scolaire. Les écouter permettrait d’y voir un peu plus clair.

Les Chefs d’établissement veulent plus de moyens, les professeurs demandent le recrutement de surveillants pour les cours de recréation, les syndicats d’enseignants souhaitent plus de professeurs, les élèves indiquent qu’ils ont besoin de reconnaissance et les parents sacralisent cet espace qui ne doit pas être le reflet de la violence des quartiers. Depuis une semaine, il me suffit d’allumer la radio pour se rendre compte que ce débat existe, mais une fois de plus le gouvernement campe sur ses positions sécuritaires et fait la sourde d’oreille. La politique sécuritaire sert uniquement à masquer un problème sans y apporter de réponse juste. Luc Chatel se trompe de chantier en voulant faire du tout sécuritaire. La population scolaire lui demande simplement d’écouter, d’analyser et de proposer. En bref d’être un ministre au service de son administration.

10
fév
2010
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Méfions nous de ce pouvoir qui perd confiance dans ses citoyens

Depuis 2004 et inlassablement depuis 2007 la France se voit toucher d’un mal sournois : la dérive sécuritaire.

Cette dérive est l’aveu d’un échec sans conséquence des lois qui ont précédé cet emballement sécuritaire. Ce mal qui empoisonne les fondements de notre démocratie est devenu visible avec la confirmation par le gouvernement des quelques 900 000 gardes à vue enregistrées. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, 2500 personnes auront été mises en garde à vue. Cette pratique devenue anodine doit nécessairement amener des réactions et celles-ci ne se sont pas fait attendre puisque l’ensemble de la classe politique soulève le sujet en y soulignant le problème.

De plus en plus, nous avons dessiné une société de contrôle où l’individu est forcement suspect. Un suspect kafkaïen qui n’a rien fait de mal. Cette société s’est développée avec la politique du chiffre, de la rentabilité que le gouvernement oblige à l’ensemble de ses services de police. Arrêter, verbaliser, sanctionner un maximum et on aura l’impression que votre zèle prouve votre travail. Nous sommes aujourd’hui dans une société de la poursuite systématique et de la tolérance zéro.

Les forces de l’ordre, courageuses dans leur coupe budgétaire et dans la diminution des effectifs sont dans l’obligation de rendre des comptes à leur hiérarchie. Comment faire de bonnes investigations avec moins d’hommes et moins de moyens ? La réponse est donnée, il suffit de contrôler plus de monde, de contrôler la même population jeune, de banaliser la garde à vue et sur le lot il y sortira bien une personne qui à quelque chose à se reprocher. Affaire classée !

Le gouvernement est dans l’incapacité de répondre aux questions de sécurité. On légifère beaucoup plus, on créé de nouvelle loi pour masquer l’échec des premières. On propose des solutions de sanction sans apporter des solutions de prévention, on installe des caméras de surveillance au lieu de réimplanter une véritable police de proximité, on affecte le policier dans les écoles à la place du professeur, on choisi le débat sur la sécurité pendant les élections au détriment des projets d’action sociale, etc.

Méfions nous de ce pouvoir qui perd confiance dans ses citoyens. Méfions nous de ce pouvoir qui se méfie de la jeunesse. Méfions nous de cet emballement sécuritaire qui nous prive petit à petit de nos libertés.

02
fév
2010
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35 ans d’IVG : Peut beaucoup mieux faire

Nous fêtons cette année les 35 ans de loi sur l’IVG de Simone Weil. Après plus de 3 décennies la situation en France reste préoccupante.

Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) qui vient d’être publié apporte des questionnements mais aussi des éléments de réponse sur l’état de l’IVG en France.

Deux données ressortent de cette analyse.
Le premier point est le fait d’une non égalité des françaises faces à leur demande d’IVG. De nombreux centres ferment par restructuration hospitalière supprimant des services peu rentables ou bien par manque de personnels. Cette aggravation de la situation est du à une non revalorisation de l’acte qui sélectionne les médecins. Avec le départ à la retraite d’une génération de médecin qui se sont battus pour cette cause, il reste aujourd’hui uniquement la motivation financière de l’acte. Celui-ci n’étant pas assez rentable on ferme les établissements quitte à oublier ces femmes dans leurs situations d’angoisses.

Le deuxième point important est l’insuccès de notre politique contraceptive. Les chiffres parlent d’eux même puisque 72% des femmes qui ont pratiquées une IVG étaient sous contraceptif. C’est donc l’information qui a fait défaut. La politique française de « la pilule pour toutes » est un semi échec dans le sens où la non information qui accompagne souvent cette prise peut amener à une grossesse non désirée.
En prescrivant la pilule de manière générale on a oublié que la gestion contraceptive se fait de manière personnelle. Nous n’encourageons pas assez l’utilisation d’autres moyens aussi efficaces et moins contraignants que la pilule où la gestion de l’oublie doit être dument expliqué.

35 ans après le vote de la loi, je note que son héritage n’est pas à la hauteur des nombreuses espérances des femmes. J’espère que Roseline Bachelot entendra ces maux afin d’y apporter un engagement total de l’État dans cette problématique nationale.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , , ,
02
fév
2010
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Frêche, notre vieux démon.

Je reviendrais brièvement sur un homme qui fut à la une de l’actualité la semaine dernière.
Il était grand temps de balayer devant sa porte. Exclu en 2007 après des propos intenables et inexcusables, il relance sa propre polémique de trublion de la gauche. L’humour et son vocable ne nous ont jamais fait réellement rire. En qualifiant de « tronche pas catholique » l’un de nos membres d’origine juive, il savait qu’il allait refaire parler lui. Cet homme, professeur honoraire à la faculté de Montpellier est un homme intelligent qui sait que les mots ont un sens suivant leurs utilités.

Nous coupons donc tous les liens avec George Frêche, il était plus que temps de le faire, déjà en 2007 nous aurions du couper ces liens qui nous empoisonnaient à chaque déclaration de l’intéressé.
En agissant ainsi au lancement de la campagne des régionales, nous démontrons notre faiblesse politique vis-à -vis des hommes qui ne portent pas nos idéaux humanistes. Combien de déclaration aura-t-il fallu pour que cette décision d’éviction soit réellement appliquée ? Notre silence a terni notre clarté de position.

En étêtant tout lien aujourd’hui et de facto en créant une nouvelle liste électorale nous risquons un éparpillement des voix qui risque de nous amener à céder la région Languedoc-Roussillon à la droite. Dans le cas où cette région resterait entre les mains de George Frêche, notre vieux démon continuerait de nous hanter rappelant à qui veut bien l’entendre que Lui, George Frêche, socialiste parmi les socialistes est victime d’une injuste scandaleuse chasse aux sorcières !

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque |
28
jan
2010
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Je suis toujours contre une loi sur la Burqa.

En septembre dernier j’avais écrit un billet sur le sujet du « Faut-il légiférer sur la Burqa ? »

Au lendemain de la publication du rapport sur cette question, je reste fondamentalement contre.
Mon point de vue n’a pas changé. Je pense qu’une loi serait une erreur. La loi est générale et impersonnelle. Le port du voile est un choix particulier même si certaines femmes le portent sous la contrainte. En effet, porter le voile que ce soit par conviction ou non sont des cas particuliers ce qui rendrait l’action de loi injuste.

J’ajoute que le simple fait de porter un vêtement quel qu’il soit est un droit protégé. Pour mémoire l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen parti intégrante du bloc constitutionnel, garantie la liberté individuelle ainsi que la liberté de manifester ses opinions.

Porter la burqa ou la niqab peut être assimilé comme de la pure provocation à l’instar du port outrageux d’un masque de Sarkozy. Je pense que la majorité des femmes qui aujourd’hui choisissent consciemment le port de ce type de voile y trouve un moyen de défier la société. Ne tombons pas dans le piège qui nous est tendu.

Pour les radicaux qui prônent le port de ce voile, il faut les considérer comme des groupes sectaires qui instrumentalisent la religion musulmane. Évitons de leur donner un statut qu’ils n’ont pas en parlant de pratique radicale de la religion. Ils sont en dehors du monde musulman tout comme certains mouvements sectaires sont en dehors du monde chrétien.

Si nous souhaitons contrôler ce mouvement sectaire qui prêche le port du « drap noir », il ne faut pas légiférer mais passer par la voie réglementaire qui existe déjà. La résolution parlementaire dans ce cas permettrait d’encourager son application par les agents du service public où la vérification de l’identité est indispensable : L’école, la poste, l’état civil, la préfecture etc.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque |
27
jan
2010
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Chômage : bonne tendance Wauquiez

Dans son émission de lundi soir dernier, Sarkozy a annoncé que le chômage aller baisser en 2010. Je prends à témoin les 10 invités qui pourront confirmer ses dires.

En ce projetant sur un an, ce qui est du court terme, le Président de la République dans son allocution a vraiment pris un risque quand on regarde les projections disponibles pour 2010 qui attestent que le retournement du chômage n’est pas pour demain.

Le Président espère que ses paroles, telle une prière, seront entendues. Il suffit que le chômage, baisse ou stagne sur un mois pour lui donner raison.

Surprise de taille aujourd’hui, l’annonce des chiffres du chômage pourrait être moins catastrophique que prévu. Laurent Wauquiez exulte et Sarkozy sauve la France qui est plongée dans une décrépitude économique généralisée. Il l’avait proclamé, la politique volontariste de notre président semble fonctionner.

Si Sarko a le triomphalisme léger, il n’en est pas de même pour son gouvernement, qui depuis 2007 se cherche une raison d’exister.

Le nombre de chômeurs, sans aucune activité, a donc baissé en décembre en France. Première victoire de l’ère Sarkozy d’après crise. Ce que je suis obligé d’appeler la « bonne tendance Wauquiez » a vu le nombre de demandeurs d’emploi n’ayant pas du tout travaillé dans le mois, à la recherche de tout type de contrat baisser de 0,7% sur un mois. Il s’agit ici de la catégorie A1 qui a subit un accroissement de 18,5% entre décembre 2008 et décembre 2009.

Il est important de rappeler dans cette lecture de baisse du chômage en France que seul le mois de juin avait marqué un tel repli en 2009.

La deuxième tendance que nous apprend la lecture de ces chiffres est la détérioration de l’emploi. Avec un nombre d’inscrits au chômage, en activité réduite, qui a augmenté de 8.600 personnes. C’est le travail précaire qui se renforce. On aurait aimé une question de Jean-Pierre Pernaut sur ce sujet.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque |
25
jan
2010
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Le syndrome de Proglio

Le syndrome de Proglio pourrait être la prochaine thèse d’un doctorant en médecine psychiatrique. On imagine facilement la notice explicative.

Le syndrome de Proglio désigne la propension de l’ensemble d’un gouvernement ne partageant plus depuis longtemps la vie de leurs concitoyens à développer un changement d’avis contradictoire dans un court terme suivant la parole présidentielle. Ce syndrome est aussi connu sous le nom de : syndrome de « l’EPAD-Sarkozy ».

Ce malaise relève de deux facteurs additionnés. Le premier étant la double rémunération de 1 600 000 euros annuel pour diriger EDF auquel venait s’ajouter 450 000 euros annuel comme administrateur non exécutif de VEOLIA, entreprise partenaire ou concurrente d’EDF. Ce malaise reste bien présent en ce début de semaine où l’on attend avec impatience la réponse de Nicolas Sarkozy sur ce sujet qui ne manquera pas d’être soulevé par les contradicteurs de TF1. Si les hauts salaires semblent toujours être justifiés, les bas salaires sont difficilement justifiables et c’est dans ce sens que le Président doit répondre. Car pendant que Proglio empoche une somme qui n’augmentera pas son bonheur, un million de chômeurs arrivent en fin de droit, huit millions de français vivent toujours sous le seuil de pauvreté et un agent de cette grande entreprise publique vient d’être mis à pied trois semaines pour avoir remis le courant à une famille dans la précarité.

En refusant de toucher son salaire de VEOLIA, Proglio n’en reste pas moins l’un des principaux administrateurs. Une ambiguïté bicéphale dans le discours de moralisation de l’économie tenue il y a quelque temps par notre Président.

Nous avons le droit de douter sur la finalité de cette nomination : favoriser les actionnaires de VEOLIA ou contribuer aux intérêts des usagers d’EDF ? L’annonce d’une augmentation des tarifs d’EDF de 24% en 5 ans nous donne un élément de réponse.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , ,

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