13
Mar
2017
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Lettre aux socialistes du 19e

Che.e.s camarade, cher.e.s ami.e.s,

A quelques semaines de l’élection présidentielle, la situation politique dans notre pays demeure complètement déstructurée et donne à ce rendez-vous démocratique important une tournure particulière.

Le renoncement de François Hollande en décembre, les péripéties judiciaires du candidat de la droite et la qualification probable de Marine le Pen au second tour ont créé dans le pays une situation inquiétante.

Toutes les enquêtes d’opinion démontrent que l’extrême droite est aux portes du pouvoir ; un tiers des sondés sont prêts à voter pour Marine le Pen et 40% d’entre eux considèrent cette formation comme un parti de droite nationale ! J’estime que ces intentions de vote en faveur de la candidate du Front National restent sous-estimées par rapport à la réalité du terrain et que le premier tour de l’élection présidentielle risque de nous réserver une très mauvaise surprise.

A gauche, le candidat des socialistes, Benoît Hamon, désigné par la primaire de la Belle alliance populaire n’a pas su ou voulu rassembler sa famille politique. Enfermé dans sa ligne des primaires, il a préféré perdre son temps à rechercher un accord vain avec Jean Luc Mélenchon qui l’a éconduit ainsi qu’avec Yannick Jadot. Le coût de l’accord électoral avec EELV me paraît exorbitant au regard de leur poids électoral dans le pays et n’a pas été soumis aux adhérents de notre parti.

Comme le rappelle fort pertinemment Claude Bartolone : « J’aurais aimé voir Benoit Hamon et Manuel Valls ensemble pendant cette campagne ». Il fallait d’abord rassembler les siens, puis la gauche, puis la France. Hélas, ce n’est pas le chemin emprunté.

Si j’ai beaucoup de respect pour Benoît Hamon, je ne me reconnais pas dans beaucoup de points de son programme (revenu universel, 49.3 citoyen, dette de la France, etc …)

Le candidat socialiste reste immobilisé à la quatrième place dans les intentions de votes pour le premier tour de l’élection présidentielle. Il semble dans l’incapacité d’accéder au second tour. Je considère aujourd’hui que notre pays est en danger et je me refuse de revivre la situation de 2002 (choisir entre un candidat de droite et un autre d’extrême droite). Force est de constater qu’Emmanuel Macron est le seul candidat progressiste capable d’accéder au second tour et de battre Marine le Pen.

Emmanuel Macron a su, par ses propositions pour la France, attirer vers lui des personnalités venues de divers horizons. Je pense en particulier à Bertrand Delanoë, l’une des plus hautes autorités morales des socialistes, qui a annoncé qu’il voterait pour Emmanuel Macron dès le premier tour.

Dans ce contexte et au-delà de mon engagement de socialiste, je privilégie l’intérêt de la France. C’est pourquoi, j’ai décidé à mon tour d’apporter mon soutien à Emmanuel Macron même si je ne partage pas la totalité de ses propositions. Cette décision a été difficile à prendre car comme tu le sais, je suis membre du Parti Socialiste depuis 40 ans et j’ai contribué à son essor dans notre arrondissement et à Paris.

Je reste socialiste et je n’entends pas adhérer à un autre mouvement ; ma famille reste le Parti Socialiste. Ma fidélité à Jean-Christophe Cambadélis ainsi qu’à Anne Hidalgo reste intacte et je continuerai avec détermination mon action au sein de l’équipe municipale au côté de François Dagnaud et dans la majorité municipale parisienne.

Je t’assure, cher-e-s camarade.s, cher.e.s ami.e.s, de toute ma fidélité et de mon amitié socialiste.

Ecrit par Roger Madec dans : Non classé |

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