15
avr
2010
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Communiqué : le drame de Grenoble aurait-il pu être évité ?

L’agression de Grenoble de vendredi dernier dont a été victime un étudiant a mis le pays en émoi. Cet atroce fait divers que je condamne très sévèrement a permis à Brice Hortefeux de se vanter de « l’efficacité de la vidéo-protection » et d’annoncer un plan national de sécurisation des transports.

Comme à l’accoutumée, le Plan national arrive un peu tard. Il aura fallu une énième agression sauvage pour que le ministre fasse cette déclaration.

La vidéosurveillance est un formidable outil d’enquête. Elle permet au policier d’avoir un témoin oculaire de la scène de crime mais en aucun cas la vidéosurveillance n’empêche le crime d’être commis. On se souvient de la vidéo d’une violente agression dans un noctilien de la RATP où les caméras de surveillance n’avaient, là encore, eu aucune vertu dissuasive. Le gouvernement s’auto-congratule sur la conséquence de la vidéosurveillance. Effectivement, elle a permis l’interpellation des mis en causes, mais le silence est de rigueur sur l’effet de la non prévention.

Nous sommes habitués aux plans nationaux en matière de sécurité. Des plans qui mettent la répression en avant se substituant à la prévention. J’ai le sentiment que pour le gouvernement, peu importe, qu’il y ait des délits ou des crimes commis du moment que l’enquêteur interpelle et que la justice punisse.

Nonobstant, pendant que nous multiplions les fichiers et les installations de caméras de surveillance, le gouvernement supprime 10% des effectifs policiers dans le cadre de la révision générale des politiques publiques soit entre 2009 et 2013, 11400 postes de policiers et de gendarmes, tandis que 60000 caméras seront installées d’ici 2011.

Je terminerai avec une question. Est-ce que cette agression qui a eu lieu sur la place principale de Grenoble à 23h15, aurait pu être évitée si la police nationale locale n’avait pas été en sous effectifs (20 fonctionnaires pour une agglomération de 160000 habitants) depuis 20 heures ?

14
avr
2010
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Communiqué : Inauguration d’une esplanade Ben Gourion

Mercredi, une esplanade Ben Gourion a été inaugurée en présence de Shimon Peres, Président de l’État d’Israël et de Bertrand Delanoë, Maire de Paris.

Cette inauguration, 37 ans après sa disparition, est légitime. Ce geste symbolique salue l’homme d’État et l’homme politique qui participa à la fondation du Parti travailliste israélien.
Ben Gourion a eu le courage, à l’issue de la guerre des Six-Jours de 1967, de préconiser publiquement l’évacuation des territoires occupés. Nous retiendrons sa formule célèbre « Plutôt la paix que les territoires ».

Les critiques du PCF et du Parti de gauche, nous les entendons. Le Maire de Paris a donc décidé d’inaugurer une place en hommage à Mahmoud-Darwish, une figure incontestée de la poésie palestinienne. Son engagement pour la paix au sein de ses œuvres et son engagement politique au sein du parti communiste d’Israël ou de l’organisation de libération de la Palestine en a fait l’un des grands hommes de la Palestine.

Quant à un lieu de mémoire en hommage à Yasser Arafat décédé en 2004, il est encore un peu tôt. Les cicatrices de l’histoire sont encore fragiles. Mais j’ai la certitude que le Prix de Nobel de la Paix que fut Yasser Arafat aura son lieu de mémoire « Il faut laisser du temps au temps ».

13
avr
2010
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Débat : La violence scolaire (suite)

A l’annonce d’une ouverture prochaine des états généraux de la violence à l’école j’avais, sur ce blog, exprimé ma méfiance vis-à-vis de ce débat organisé peu avant les élections régionales. (lire le premier article)

Les états généraux se sont donc clos le 8 avril dernier par un discours sans avancées majeures. Je retiendrai dans cet exercice que le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, a essayé sans y arriver de faire une synthèse reprenant certaines remarques des chercheurs présents tout en évitant de ne pas sortir du discours, facile, sécuritaire mais terriblement efficace.

Le problème de la violence scolaire tel que l’entends est une violence scolaire médiatisée, une violence scolaire dure et une violence scolaire inégale sur le territoire. La violence scolaire est différente qu’elle ait lieu à Sarcelles ou en Ardèche*. Je m’intéresserai ici à la violence scolaire qui nous inquiète, la violence scolaire de Sarcelles, de Clichy, du Kremlin-Bicêtre, la violence scolaire des quartiers défavorisés.

Le lycée n’est peut être pas la cause de tous ces maux, de toute cette violence, mais il est le théâtre de la représentation de la violence de notre société. Nous avons su construire des « quartiers-tours » pour répondre à l’augmentation démographique de la France et nous avons su construire des lycées pour former les enfants vivant dans ces quartiers. En 40 ans, ces constructions déshumanisant l’habitant se sont ghettoïsées, les quartiers de nos cités radieuses se sont considérablement appauvris. Les banlieues oubliées des projets de revalorisation sont devenues socialement violentes et le lycée carrefour entre les différentes cités a perdu son rôle central d’enseignement, transformé en terrain de jeu pour nos enfants en rupture.

Plusieurs pistes de solutions sont à étudier. A court terme, il faut repenser la méthode d’enseignement en transformant le cours magistral en cours participatif où l’élève découvre par lui même. L’expérimentation doit être la base dans toutes les matières et non seulement dans les TD de chimie ou de physique. Un deuxième point qui me semble important est le « turn over » des professeurs dans ces lycées. Cette non stabilisation du corps enseignant dans ces établissements nuit fortement à l’image du lycée. Comment donner aux élèves le sentiment qu’ils comptent si le professeur une fois arrivé dans l’établissement demande une mutation ? Enfin pour éviter les intrusions extérieures, il faut réfléchir à comment « sanctuariser » l’établissement sans pour autant qu’il ne devienne une prison.

A long terme, c’est tout l’aménagement de ces quartiers qu’il faut repenser. C’est oser des grands chantiers de reconstruction. Reconstruire des logements ne dépassant pas les 3-4 étages, développer les espaces ouverts, éviter le béton et le bitume, redonner envie aux gens d’y vivre et aux autres de venir s’y installer afin de favoriser la mixité sociale.

Les états généraux sur la violence à l’école, étaient donc, à l’habitude du gouvernement, un coup médiatique. Le gouvernement veut faire croire qu’il se préoccupe réellement des problèmes de violences à l’école, et surtout de rappeler que la seule réponse est la répression. En regardant de plus près, nous pouvons nous rendre compte rapidement que la répression trouve ses limites dans le cadre social où vivent les enfants. Voici donc une piste de plus abandonnée par le gouvernement UMP, un projet de travail dont nous devons nous saisir, un projet de Gauche, un projet pour un changement.

*Lycée LE CHEYLARD en Ardèche fut classé deuxième lycée France dans l’Express (2009)

13
avr
2010
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Préfet en Seine-Saint-Denis: La diversité remplacée par la sécurité

Un département sans considération, telle est la Seine-Saint-Denis qui se voit encore une fois changée de Préfet. Tout est symbolique dans cette nouvelle nomination puisque le Préfet Nacer Meddah « issue de la diversité » est remplacé par le Préfet Christian Lambert, ancien chef du RAID. On peut y voir là encore un recadrage sécuritaire de la puissance publique.

Ecrit par Roger Madec dans : Non classé | Tags : , , , ,
12
avr
2010
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16ème cérémonie de parrainage républicain dans le 19ème.

j’organise, demain, la seizième cérémonie de parrainage républicain depuis le mois de mai 2006, marquant ainsi la volonté continue d’accueil et de solidarité de l’arrondissement en faveur des enfants. Lors de cette cérémonie, organisée avec le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF), 47 enfants, scolarisés dans un établissement du 19ème arrondissement et dont les parents sont menacés d’expulsion, recevront le parrainage symbolique d’habitants du 19ème. Les parrains et marraines s’engageront, en tant que citoyens et citoyennes, à apporter aide et protection aux enfants parrainés pour que ces derniers aient le droit de vivre et d’étudier sereinement et légalement en France.

Cérémonie de parrainage républicain
Le 19e arrondissement solidaire des enfants sans papiers scolarisés
Mardi 13 avril 2010 à 18h30
Mairie du 19e arrondissement
Salle des Mariages
5-7 Place Armand Carrel
Métro : Laumière
Bus : 48 / 60 / 75

Ecrit par Roger Madec dans : Communiqué de presse |
08
avr
2010
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Le projet du Grand Paris, ou l’obstination technocratique d’un Etat autoritaire.

Elisabeth Guigou, Secrétaire nationale du PS à la réforme de l’Etat et aux collectivités territoriales a exprimé la position du Parti Socialiste à propos du projet Grand Paris, voici le communiqué :

Le projet de loi sur le grand Paris est actuellement en cours d’examen au Sénat, après son adoption par l’Assemblée dans le cadre d’une procédure d’urgence le 1er décembre. Les socialistes s’opposent fermement à un texte qui n’apporte rien pour résorber les inégalités sociales et territoriales grandissantes du territoire francilien, et qui affaiblit le rôle des collectivités territoriales au profit d’un Etat technocratique, autoritaire, hyper-centralisé, et fort peu respectueux de la démocratie locale .

Le gouvernement s’entête à promouvoir la création d’un Grand Huit, double boucle de métro automatique autour de Paris, longue de 130 kilomètres, qui se contenterait de relier les pôles de compétitivité, au lieu de favoriser le maillage de proximité des territoires. Par ailleurs, le gouvernement persiste à présenter un texte sans ambition sociale, sans mesure en faveur des quartiers défavorisés, et qui ne répond pas aux besoins des Franciliens qu’il s’agisse des logements, ou des déplacements quotidiens.

Ce projet inégalitaire coûterait la bagatelle de 21,4 milliards d’euros, dont le financement est encore extrêmement flou. L’Etat annonce une dotation en capital de 4 milliards, qui permettrait à la Société du Grand Paris (sous contrôle de l’Etat) de lancer un emprunt, remboursé notamment par la valorisation des terrains et immeubles liée aux nouvelles infrastructures de transport. Ainsi le gouvernement n’a-t-il pas jugé bon de fournir d’engagement financier, mais a tout de même pris la peine d’annoncer la création de trois nouvelles taxes dont un impôt sur les plus-values foncières autour des gares, qui augmentera le risque de spéculation foncière dans une région qui souffre déjà d’une pénurie de logements sociaux.

Le plan de mobilisation pour les transports et son projet phare de métro circulaire, Arc Express présenté par la région Ile-de-France (qui ne coûterait que 10 à 12 milliards d’euros), et qui a été voté à l’unanimité par des membres du Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif), risque d’être remis en cause : un amendement de l’UMP prévoit que la promulgation de la loi sur le Grand Paris stoppe net le projet Arc Express de la région en mettant fin au débat public qu’il implique.
Le vote massif des citoyens le 21 mars en faveur d’un développement équilibré et durable, d’une politique solidaire et attentive aux équilibres territoriaux, et d’une méthode de décision concertée pour la région Île-de-France n’a manifestement pas été entendu par un gouvernement qui s’obstine dans l’erreur. A l’instar de la réforme territoriale, le gouvernement fait le triste pari de l’aggravation des injustices, de la recentralisation, et de la régression démocratique

Ecrit par Roger Madec dans : Communiqué de presse |
07
avr
2010
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Le Grand Paris ou la reprise en main par l’État des compétences des collectivités territoriales

Le groupe socialiste du sénat dénonce le projet de loi du « Grand Paris» , dont la discussion a débuté mardi 6 avril au Sénat. Le projet est dans la continuité du langage jacobin du Président de la République, Il est dans la continuité recentralisatrice ouvert par la « Loi de Finances pour 2010 et la suppression de l’impôt territorial local et l’outil de péréquation territoriale, unique en son genre, sans aucun mécanisme de remplacement ».
 
Ce projet de Loi, qui dépasse le cadre francilien, est débattu alors que l’on ne connaît pas le sort qui sera réservé à la compétence générale dévolue aux collectivités territoriales.
 
Le projet de Loi Grand Paris est un projet qui se veut à la genèse d’une Région-Capitale où se développeront des pôles économiques qui ne résoudront en rien les problèmes des franciliens.

La suppression du débat public sur l’arc express, projet de la région Ile-de-France et des départements, est expressément enterré au profit du projet du grand 8 de l’État. Ce dernier projet quant à lui n’a pas encore reçu l’ombre d’un financement.

Pour mémoire, le projet Arc Express qui avait été développé dans la concertation avec les franciliens avait reçu une large adoption par la reconduction de l’équipe régionale le 21 mars dernier. Le projet fait ainsi l’impasse sur quatre années de travail et de concertation de la Région Ile-de-France pour développer un Plan de Mobilisation pour les transports qui n’est pourtant aujourd’hui contesté par personne.
 
Ma collègue Nicole Bricq a ainsi pointé les lacunes d’un texte qui est le résultat des efforts de la majorité de la Commission spéciale et le Rapporteur pour crédibiliser le projet du Gouvernement, sans associer les élus, ni répondre aux besoins des Franciliens, en concentrant la gouvernance dans les mains de l’Etat et sans y inscrire un financement crédible. En effet, le secrétaire d’Etat chargé du Grand Paris a avancé une dotation de 4 milliards d’Euros pour la constitution de la société du Grand Paris, qui seraient pris sur les remboursements des avances aux constructeurs automobiles.
 
Pour le groupe socialiste, ce projet de loi est un test grandeur nature pour le Gouvernement qui tente de créer un rapport de force entre l’Etat et la Région, dans une défiance qu’il entretient envers la démocratie locale.

Ecrit par Roger Madec dans : Le Sénat | Tags : ,
06
avr
2010
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Pas de pension mais un diplôme d’honneur.

Dans son rapport annuel, la Cour des Comptes dénonçait une « inégalité » honteuse et « persistante » à l’égard des anciens combattants des anciennes colonies.

Aujourd’hui sur 500 000 personnes bénéficiant d’une retraite militaire, 12 000 sont des vétérans issus des anciennes colonies et 20 000 veuves et descendants qui perçoivent une retraite ou une pension de réversion.

Les 32 000 pensionnés qui depuis 1959, ont toujours vu leurs retraites gelées n’ont bénéficié que d’une revalorisation partielle. Cette maigre revalorisation cache des différences entre les montants à grade équivalent et suivant la nationalité du combattant qui sont choquantes pour notre pays.

Le Monde daté du 2 avril 2010 indique certains montants.
7512 euros annuels pour un sergent Français,
3279 euros annuels pour un sergent Djiboutien,
2681 euros annuels pour un sergent Sénégalais,
643 euros annuels pour un sergent Marocain

Hubert Falco, secrétaire aux anciens combattants reconnaît que « servant dans l’armée française, les forces françaises libres ou la résistance, ils ont accompli leur devoir aux heures terribles de l’histoire et se sont engagés au nom de valeurs qui fondent encore notre République ».

Dans un gouvernement qui a remplacé « Égalité » par « Injustice » dans le triptyque républicain, Hubert Falco ne leur propose qu’un diplôme d’honneur…

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : ,

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