Communiqué : le drame de Grenoble aurait-il pu être évité ?
L’agression de Grenoble de vendredi dernier dont a été victime un étudiant a mis le pays en émoi. Cet atroce fait divers que je condamne très sévèrement a permis à Brice Hortefeux de se vanter de « l’efficacité de la vidéo-protection » et d’annoncer un plan national de sécurisation des transports.
Comme à l’accoutumée, le Plan national arrive un peu tard. Il aura fallu une énième agression sauvage pour que le ministre fasse cette déclaration.
La vidéosurveillance est un formidable outil d’enquête. Elle permet au policier d’avoir un témoin oculaire de la scène de crime mais en aucun cas la vidéosurveillance n’empêche le crime d’être commis. On se souvient de la vidéo d’une violente agression dans un noctilien de la RATP où les caméras de surveillance n’avaient, là encore, eu aucune vertu dissuasive. Le gouvernement s’auto-congratule sur la conséquence de la vidéosurveillance. Effectivement, elle a permis l’interpellation des mis en causes, mais le silence est de rigueur sur l’effet de la non prévention.
Nous sommes habitués aux plans nationaux en matière de sécurité. Des plans qui mettent la répression en avant se substituant à la prévention. J’ai le sentiment que pour le gouvernement, peu importe, qu’il y ait des délits ou des crimes commis du moment que l’enquêteur interpelle et que la justice punisse.
Nonobstant, pendant que nous multiplions les fichiers et les installations de caméras de surveillance, le gouvernement supprime 10% des effectifs policiers dans le cadre de la révision générale des politiques publiques soit entre 2009 et 2013, 11400 postes de policiers et de gendarmes, tandis que 60000 caméras seront installées d’ici 2011.
Je terminerai avec une question. Est-ce que cette agression qui a eu lieu sur la place principale de Grenoble à 23h15, aurait pu être évitée si la police nationale locale n’avait pas été en sous effectifs (20 fonctionnaires pour une agglomération de 160000 habitants) depuis 20 heures ?






