08
oct
2009
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Un justiciable comme les autres ?

Dans la précipitation de l’annonce de l’incarcération de Roman Polanski, beaucoup ont décidé de signer une pétition de soutien à l’artiste en demandant à la justice suisse de le remettre en liberté.

Cette précipitation, que je peux comprendre pour un homme d’une telle grandeur cinématographique, amène à nous poser une question. Est-il un justiciable comme les autres ?

Veut-on nous prouver qu’il est possible d’avoir une justice à plusieurs vitesses ? Une justice pour les artistes et une justice pour les autres, une justice pour les riches et une justice pour les pauvres ?

Sachant que Roman Polanski a la citoyenneté française, il serait intéressant de se mettre dans la peau d’un justiciable lambda de la même nationalité.

Pour mémoire, Roman Polanski est accusé d’avoir eu des relations sexuelles avec une mineure de 13 ans, il y a 33 ans. Ce qu’il a reconnu.

En France, la loi pose une présomption : un enfant de moins de 15 ans n’a pas de consentement libre face à un adulte en matière de relation sexuelle. Dans notre pays avoir des relations sexuelles avec un enfant de moins de 15 ans s’analyse comme un crime.

Les défenseurs acclament que les faits sont anciens. L’ancienneté des faits est sujette uniquement à la prescription du crime. En France, les relations sexuelles avec un mineur ne sont prescrites qu’au bout de 20 ans. Prescription que l’on décompte à partir de la majorité de la victime. Sans rentrer dans les détails d’une telle procédure, il n’est pas certain que les faits auraient été prescrits en France.

L’autre argument qui revient le plus souvent dans le débat est la déclaration de la victime qui ne souhaite pas continuer dans la voie judiciaire. Affirmer que seule la victime puisse influencer des décisions judiciaires me semble terriblement choquant. S’il est normal que le point de vue de la victime soit pris en compte par la justice, l’exécution des peines ne doit pas être commandée par la victime. Une justice qui serait dictée par les victimes reviendrait à reconsidérer le droit à la vengeance. Seul le procureur qui représente la société peut au nom de ladite société estimer qu’un individu peut lui être dommageable et ainsi la protéger.

Le dossier Roman Polanski, est un dossier qui en France, même 33 ans après les faits pourrait être jugé.

Maintenant, l’ancienneté des faits, le changement de comportement de Roman Polanski depuis les faits ainsi que les indemnités déjà versées à la victime devraient rassurer le cinéaste.
Se livrer à la justice américaine qui sauf énorme surprise rendrait un verdict clément, serait tout à son honneur.

Car en fuyant ses responsabilités et en fuyant la justice il donne une tout autre image. Il démontre par son action que la reconnaissance, la célébrité et la richesse suffisent à extraire un homme des mains de la justice.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : ,
08
oct
2009
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A quand la reconnaissance de l’homoparentalité ?

Vous trouverez ci-dessous le communiqué publié aujourd’hui par HES (Homosexualités et Socialisme), à la suite de la remise au Premier ministre du rapport de Jean Leonetti relatif à l’intérêt de l’enfant, à l’autorité parentale et aux droits des tiers.

Pendant sa campagne pour l’élection présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy s’est engagé à la création d’un statut du beau-parent. Il n’a pas tenu son engagement. Le 13 février dernier, il a demandé au Gouvernement de présenter un projet de loi avant la fin du mois de mars. Un texte sans ambition a circulé. Il mentionnait explicitement les familles homoparentales dans l’exposé des motifs. Devant la réaction très hostile d’une part de la majorité, le Premier ministre en a retardé la présentation et a commandé un rapport au député UMP Jean Leonetti.

Remis hier au Premier ministre, ce rapport propose de ne faire aucune référence explicite à l’homoparentalité, qui concerne pourtant 30.000 enfants en France aujourd’hui. Il ne propose pas de créer un statut du beau-parent, mais d’évoquer la situation des tiers participant à l’éducation de l’enfant. Il ne propose pas de protéger dans le temps les liens noués par ces tiers avec les enfants qu’ils élèvent.

Ce rapport ne propose pas de reconnaître les liens de filiation qui se tissent, dans les familles homoparentales, entre les enfants et leurs parents. Il ne propose qu’un allègement de la démarche de délégation de l’autorité parentale instituée par la loi du 4 mars 2002.

Ce rapport témoigne de la victoire des réflexes conservateurs de la droite sur ses propres engagements électoraux. HES dénonce ce retour en arrière, et revendique l’ouverture de l’adoption pour les couples de même sexe et la reconnaissance des liens de filiation qui se nouent dans les familles homoparentales.

07
oct
2009
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Vers la privatisation de la citoyenneté

Le 28 septembre dernier, l’Assemblée Nationale adoptait la proposition de loi (ppl) de Jean-Claude CARLE.
Cette ppl, malgré le vote « pour » du groupe socialiste du Sénat le 14 octobre 2008, est une grave atteinte à la laïcité en France.
1959 marque la première pierre à un édifice qui tend à restreindre la laïcité en France en aménageant un même espace entre l’école publique et l’école privée cultuelle : l’éducation de la citoyenneté.

La loi DEBRE du 31 décembre 1959 ouvrait une brèche dans la concurrence public – privé en matière d’éducation. Depuis cette loi, les communes ont à leur charge les dépenses de fonctionnement des écoles privées, sous contrat avec l’État, implantées sur leur territoire.
Et cela n’a fait qu’empirer avec les années. En 1984, la Gauche, alors au pouvoir, n’a pas su prendre ses responsabilités. Effrayée par un million de manifestants pro catholiques, nous avons plié. Adieu le grand service public laïc de l’enseignement. Ces 25 ans de renoncements ont été glorifiés par l’amendement 89 (dit amendement CHARASSE) de la loi de 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. Cet amendement instaure l’obligation pour les communes de prendre en charge les frais de scolarité des enfants des écoles primaires privées sans aucune limite de plafond. Le principe de parité public – privé était acquis. Applaudissement du côté du Vatican.

Le 28 septembre 2009 ne marque pas un tournant dans l’histoire de la laïcité en France, mais un renoncement de la classe politique en général envers l’un des grands principes de notre société absent de nos frontons.
La loi CARLE est une affirmation de ces 40 dernières années. Elle entérine, sans médiatisation, le principe de parité. En effet, elle promeut dans le privé les mêmes règles existantes en vigueur dans le public. C’est-à-dire que si les parents ont le droit à des dérogations telles que la capacité d’accueil de leur commune, les obligations professionnelles, les raisons médicales ou si un frère ou une sœur est déjà scolarisé dans cette autre commune, la commune de résidence devra mettre la main au porte monnaie. De facto aucune différenciation n’est faite concernant le public et le privé.

Cette charge contre l’école de la République est idéologiquement défendue par le gouvernement qui souhaite amener l’école à sa privatisation. On se souvient d’Emmanuelle Mignon qui défendait la privatisation totale de l’enseignement. Aujourd’hui le gouvernement abandonne sa première mission de service public : accomplir des citoyens libres de tout dogme.

La laïcité, l’école, la citoyenneté sont loin d’être des priorités pour la Droite au pouvoir. L’État démantèle l’école publique. Quand la Droite crée 93 postes équivalent temps plein pour 3700 nouveaux élèves dans le privé, elle crée 160 postes équivalent temps plein pour 59 700 élèves dans le public.

Ce manque croissant d’encadrement amène l’indiscipline dans les établissements publics qui voient leurs effectifs fondre au bénéfice de l’école privée qui est plus sélective. On fait primer les « choix particularistes sur l’intérêt général ».

En faisant payer les collectivités aussi bien pour l’école de la République que pour l’école catholique, on transforme l’éducation en marchandise avec un avantage concurrentiel à l’école privée, soutenue par la majorité. L’élève d’aujourd’hui est un client comme un autre et la citoyenneté devient privatisée.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , , ,
06
oct
2009
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Inéligible, il garde le bureau du maire

C’est un pied de nez à la démocratie que Serge Dassault vient de faire dimanche à Corbeil-Essonnes.

Inéligible depuis sa condamnation par le Conseil d’État au mois de juin dernier, il ne pouvait pas briguer un quatrième mandat. Mais c’est pourtant sous le nom de Serge Dassault que le nouveau maire Jean-Pierre Bechter c’est fait élire dimanche.

Fier de sa victoire contre les communistes, 27 voix les séparent, et malgré son inéligibilité, il reste à la tête de la mairie où il occupera son ancien et actuel bureau du maire.

C’est une bien triste image de la droite que Serge Dassault présente à ses administrés. On attend avec impatience de savoir quelle fonction officielle il s’attribuera : Conseiller spécial du maire, directeur de cabinet ou encore chargé de mission ?

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , ,
05
oct
2009
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Merci France Télécom…

La direction de France Télécom annonce ce matin le départ de Louis-Pierre Wénes, numéro deux du groupe, qui sera remplacé par Stéphane Richard prétendant au poste de PDG dans deux ans.

C’est le deuxième message donné par Didier Lombard avec le gel du plan « Time to Move » qui contraignait les cadres à changer de poste tous les trois ans, pour stopper l’hécatombe de « la mode suicide ». Ce n’est pas tant qu’elle affecte les dirigeants. Dans ce monde cynique, il fallait y mettre un terme parce qu’elle nuit à l’image de l’entreprise.

C’est un fusible nécessaire que la direction de France Télécom fait sauter, même si j’estime que Didier Lombard en capitaine d’industrie capitaliste doit savoir prendre ses responsabilités tout comme il le fait comprendre à ses salariés qu’il licencie.

A l’heure où deux millions de personnes se sont prononcés pour un référendum sur l’avenir de la Poste, l’État a pour projet de la « moderniser » en société anonyme afin de favoriser l’ouverture à la concurrence. Bien entendu l’État restera majoritaire.
En réalité, il s’agit du même scénario opéré quelques années plutôt à France Télécom. Avec EDF et GDF, France Télécom est l’un des meilleurs exemples d’une privatisation violente d’une entreprise publique.

Depuis que France Télécom est devenu une Société Anonyme en 1996, c’est une politique capitaliste pure et dure qui a remplacée l’ancienne gestion publique. L’État actionnaire est depuis passé sous la barre des symboliques 50%.

Il aura fallu un peu plus de 10 ans pour mettre en route une machine infernale au management inhumain et en arriver au drame actuel. 81 suicides depuis 2000.

La fin des fonctionnaires, les nouvelles embauches de salariés jeunes sous contrat privé pour bousculer les anciennes méthodes, la mise en place d’un climat de stress par les suppressions de postes ou de services dans des délais très courts et le système de mutation en longue distance ont amené à ce que France Télécom devienne une entreprise « compétitive»  qui ne s’adresse plus à l’humain. La politique de gestion interne est à peine imaginable. On n’hésite pas à plonger les employés dans l’urgence permanente et à les surcharger de travail. Seuls, 5000 emplois sont venus renforcer la suppression des 22000 postes détruits. Exit les salariés patronymiques et bonjour les unités de production, de rentabilité que l’on différencie uniquement par un « code alliance », matricule anonyme du monde capitaliste.

Tandis que les PDG successifs supprimaient 22000 emplois, les dividendes versés aux actionnaires se sont élevés à 4 milliards d’euros.

Merci France Télécom.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : , , ,
04
oct
2009
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Votation citoyenne

Je vous présente les résultats de la votation citoyenne sur le devenir de la Poste dans le 19e :
Cette consultation nationale de la population était organisée le samedi 3 octobre 2009 à l’initiative du Comité National contre la privatisation de La Poste pour l’ouverture d’un débat public et pour un référendum sur le service public postal.

- votants 5760

- nuls 23

- Pour le changement de statut : 70

- Contre le Changement de Statut : 5667

Ecrit par Roger Madec dans : Mon 19e | Tags : ,
01
oct
2009
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Changer de cap en Afghanistan

L’opération militaire en Afghanistan lancée au lendemain de l’attentat du 11 septembre 2001 s’enfonce dans le bourbier tant redouté. La coalition court à l’échec. Un changement de stratégie s’impose de fait.

Nos longues années passées sur le territoire afghan à essayer de débusquer, éliminer les talibans et les terroristes furent conduites au détriment de la population locale. Nous n’avons pas su nous rendre indispensable dans leur protection ni face à la poussée des insurgés extrémistes ni contre les dommages collatéraux meurtriers de nos propres actions.

Nous ne pouvons pas quitter aussi simplement l’Afghanistan. Nous ne devons pas abandonner un peuple à des groupuscules moyenâgeux. Nous devons rester sur place afin de prévenir l’accroissement de la puissance talibane dans cette région. Il faut éviter que cette poudrière retombe dans les mains de sombres chefs de guerre. Une fuite des forces engagées amènerait à une grave instabilité dans le Pakistan voisin. Pays qui possède le feu nucléaire.

Il faut revenir aux principes de la stratégie contre-insurrectionnelle. Cette stratégie en place en Irak depuis peu commence à porter ses fruits. Au commandement de la force internationale de l’OTAN en Afghanistan (ISAF) de l’installer.

Notre mission doit être de montrer au peuple afghan que nous comprenons leurs langues, leurs coutumes et leur riche culture. Nous devons former des forces de police et militaire locales aptes à s’autodéfendre contre les insurgés. Nous devons travailler avec eux en synergie et complémentarité afin de n’être plus perçus comme des agresseurs. Notre responsabilité est de nous rapprocher des grandes villes afin de protéger les économies et les gouvernances.

La France, présente avec 3000 soldats sur le terrain des opérations afghan, a un rôle fort à jouer qui doit être déterminé par le parlement afin de clarifier notre stratégie pour définir quelles seront les objectifs de notre intervention.

Ecrit par Roger Madec dans : Réciproque | Tags : ,
01
oct
2009
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103, rue de Meaux : le chalet est sauvé !

Un chalet en bois au cœur du 19ème arrondissement ! Cette construction aussi atypique que paradoxale dans un arrondissement particulièrement dense fait partie du quotidien des habitants du quartier Secrétan.
Pourtant, malgré son siècle d’existence et sa survie aux profondes évolutions urbaines et architecturales de l’arrondissement, il a bien failli disparaître en 2009.
Sans l’alerte du locataire et la mobilisation des élus de la majorité municipale, la spéculation immobilière aurait eu raison de ce chalet et des rêves et souvenirs qu’il évoque pour beaucoup. Profitant du vote de la modification du Plan Local d’Urbanisme, je suis heureux que le Conseil de Paris ait adopté l’amendement que j’ai présenté avec mon Adjoint en charge de l’Urbanisme, François Dagnaud, et les élus de la majorité du 19ème, pour inclure ce chalet dans la liste des bâtiments protégés de la Ville de Paris.
Désormais, ce chalet ne pourra plus être démoli et continuera à faire rêver les riverains et habitants du 19ème arrondissement tout en témoignant de notre attachement à la diversité du paysage urbain parisien.

Ecrit par Roger Madec dans : Mon 19e | Tags : , , , ,

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