Quel beau retour de l’esprit pétainiste dans notre société à quelques mois de l’ouverture de la campagne des régionales. Les voix du Front retournent au bercail. Le Président de la République commande à Besson d’aller les reconquérir.
Ni une ni deux, en un rien de temps, notre ministre de l’immigration et de l’identité nationale s’envole avec zèle.
Ouvrir un débat sur le concept d’être Français, Française dans notre société du 21ème siècle peut être, me semble-t-il, une idée prometteuse. On imagine facilement un vaste chantier creusé par des universitaires invitant la société civile à venir témoigner, à donner une définition de l’Être français, une commission Stiglitz de la question.
C’est exactement l’inverse que la majorité nous propose. Un parti politique au pouvoir demande une nouvelle définition sur le sujet et afin que la réponse à la problématique ne soit pas contraire aux idées rétrogrades de ce gouvernement en matière d’identité nationale, Monsieur Besson, explique que les débats seront conduits par les préfets qui décideront de quelle société civile on pourra appeler à venir déposer. Démarche inverse d’une réflexion objective.
Qu’est-ce qu’être Français aujourd’hui ? La réponse peut sembler assez simple. Toutes personnes ayant la nationalité française est donc Français par le droit. La nationalité est cependant un concept récent dans notre histoire et on peut se sentir Français uniquement par amour de la France.
Je pense que toute personne se reconnaissant dons nos valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité peut se reconnaître comme tel.
Où est donc l’intérêt pour un parti politique de souhaiter la création d’un débat sur l’identité nationale – sous entendu française ? Cette précision indique de fait une différenciation entre le Nous et les Autres, entre le bon Français et le mauvais !
Je rappelle qu’il eut dans notre histoire peu glorieuse des passions pour l’identité française qui ont déchiré notre pays. La première apparaît dans les années 1880 avec l’affaire Dreyfus et la seconde dans les années 1930. Sommes-nous devant une troisième crise identitaire, nationaliste, prête à refaire entrer dans les foyers cette xénophobie latente qui n’a jamais cessé de nous survoler ?
Je laisse donc le soin à Éric Besson d’apporter la réponse sur l’identité nationale. Mais de cette interrogation gouvernementale, sur ce qu’est « être Français» , nous pouvons en extirper une conclusion : nous sommes encore loin d’une identité européenne.